jeudi 21 juin 2007
Chazz
Avis à tous les lecteurs et autres passants ! J'ai terminé ci-dessous un scénario de BD, et je suis à la recherche d'un(e) dessinateur(trice) ! Toute personne intéressée, vous pouvez me contacter par mail à marine.plume-az@hotmail.fr
Et comme je suis encore en train de le relire et de le corriger, toutes vos remarques et commentaires sont bien sûr les bienvenus (à la limite de l'obligatoire).
Chazz
Tome 1 : la rencontre
L’ange et le démon
Monde : mélange de Gotham avant l’arrivée de Batman et de Sin City. Technologie un peu futuriste. (genre 10 ans d’avance sur maintenant)
Planche 1 :
Voix off : « Ma mère m’a baptisée Chastity* Freewing. »
Plan large : une jeune fille, habillée de manière très sexy, dans un hall d’immeuble. Elle se tient très droite et ne regarde personne. Des hommes en costume (gardes du corps) l’entourent et la regardent, l’un d’eux dit dans un téléphone « La fille est là. » Note en bas de page : « *Chasteté »
Voix off : « Sans doute parce qu’elle était pute »
Chazz suit un des gardes du corps. Elle est de dos, le cadre montre ses jambes et ses fesses.
Voix off : « et qu’elle ne voulait pas me voir suivre ses traces. »
Ils passent encore un contrôle. Chazz a l’air impassible, comme si elle se fichait de ce qui lui arrive. Les gardes la regardent d’un air soupçonneux.
Voix off : « Aujourd’hui, j’ai 16 ans, et on m’appelle Chazz. »
Elle écarte légèrement les bras et les jambes pendant qu’un homme la fouille en disant « Excuse-moi petite ». Un autre rigole en disant « Tu crois vraiment qu’elle peut cacher quelque chose là-dessous ? »
Voix off : « J’ai de nombreux clients, tous parfaitement satisfaits de mes services. »
Chazz entre dans une nouvelle pièce, luxueuse. Derrière elle, le garde (qu’on ne voit plus) répond : « C’est une nouvelle, autant être prudent »
Voix off : « J’ai la réputation d’être la meilleure »
Un homme est installé dans son fauteuil. Sans la regarder, il lui fait signe de s’approcher.
Voix off : « tueuse à gage de cette charmante cité. »
Chazz a sortit un câble très fin et étrangle l’homme par-derrière. Il lève une main vers elle et tend l’autre devant lui. Yeux exorbités, visage rouge. Chazz a l’air parfaitement concentrée et appliquée.
Planche 2 :
Chazz (avec enfin une expression humaine, un sourire) enfile une cagoule et sort par la fenêtre. Vue depuis l’appartement.
Vue extérieure : elle attrape une poignée reliée à un petit boîtier au-dessus de la fenêtre.
De l’intérieur, des gens des étages inférieurs, stupéfaits, la voient passer, accrochée à la poignée qui est accrochée à un câble qui s’allonge. L’un d’eux attrape un téléphone.
Elle arrive sur le trottoir en douceur.
Elle coure.
Ça s’agite beaucoup dans les pièces précédant la chambre du boss.
Elle saute dans sa voiture.
Elle se change et efface rapidement son maquillage
Plusieurs hommes entrent en trombe et découvrent le mort.
Elle démarre.
Planche 3 :
On voit un type, le n°2 de l’organisation, qui lance des ordres. En colère, très énergique et déterminé. L’image prend toute la largeur de la page. Il dit : « Malley envoie tes gars, Osh envoie les motards l’attendre au pont, Takashi appelle les flics et fait installer les barrages, démerdez vous mais arrêtez-moi cette pute ! ». Deux des hommes de main sont penchés à la fenêtre, tout à droite, et examinent le dispositif que Chazz a utilisé pour fuir.
En route, elle appuie sur une touche d’un mini-ordinateur dans son tableau de bord.
On voit le boîtier (au-dessus de la fenêtre) exploser.
Dans sa voiture, Chazz sifflote. Voix off : « Et voilà le travail »
Dans la chambre du boss, l’explosion a fait un gros trou dans le mur, mais le n°2 n’a rien. Il regarde le trou, l’air complètement hébété, les autres aussi.
Gros plan sur n°2, furieux : « Arrêtez-moi cette putain de pute ! »
Voiture de police. Un message radio « Message à toutes les patrouilles, jeune femme caucasienne suspectée de meurtre, armée et dangereuse. Installation de barrages dans les secteurs 1, 2 et 4. Je répète… »
Voiture de Chazz, message radio « … jeune femme de race blanche armée et dangereuse. Installation de barrages dans les secteurs 1, 2 et 4. » Chazz est tournée vers l’ordinateur, surprise.
Planche 4 ;
Chazz aborde un virage assez dangereusement en se disant : « Et merde, ils avaient des contacts avec les flics… Faut que je me trouve un alibi en vitesse. »
Repère un arrêt de bus où plusieurs personnes attendent, l’air morne. Beaucoup d’adolescents, cartable sur l’épaule.
Chazz freine.
Elle se tourne vers les ados (sa voiture est décapotable) et dit : « Hé les mecs, il y a quelqu’un qui veut que je le dépose ? »
Gros plan sur ceux qui attendent le bus : ils ont l’air surpris ou encore dans le coltar, sauf l’un qui fait un grand sourire. C’est Jimmy.
Jimmy saute dans la voiture de Chazz (vue de l’arrière) qui redémarre déjà.
Chazz (séductrice et assurée) : « On va où beau brun ? »
Jimmy (tout intimidé) : « Heu… Au lycée Roosevelt, s’il te plait. »
Vue de l’intérieur de la voiture, cadré sur les deux.
Petite vue extérieure, la voiture frôle un piéton et le laisse au bord de l’attaque cardiaque.
Chazz : « Miam ! Un garçon poli ! »
Vu de l’intérieur, Chazz se tourne vers Jimmy, l’air assez sérieux : « Est-ce que tu pourrais me rendre un service ? »
Gros plan sur Jimmy, admiratif mais un peu effrayé : « Je crois… Mais c’est quoi ? »
Planche 5 :
Ils arrivent près d’un barrage de police, Chazz s’arrête brutalement.
Pendant les 4 *, exactement la même case : on voit Chazz et Jimmy face à face, comme si on était sur la banquette arrière. Seuls les dialogues et les expressions des visages changent.
*Chazz : « J’aurais besoin que tu racontes que tu étais avec moi et que tu témoigne que je n’ai rien fait de mal, comme ça je ne serais pas contrôlée au barrage. C’est possible ? »
*Jimmy : « Attends, je veux bien mentir, mais pas pour protéger une criminelle. Pourquoi tu as peur des flics ? »
*Chazz : « Je te paierai 50 dollars. » Jimmy : « C’est pas ça le problème »
Petite case : au premier plan, un bout de la voiture. Derrière, le barrage avec les flics et les lumières des voitures de police.
*Case de tension : face à face, les deux volontés se heurtent.
Petite case, idem que la précédente sauf que deux flics s’avancent vers eux.
Gros plan sur Jimmy, qui dit : « Qu’est-ce que tu as fait ? »
Vue extérieure : l’un des deux policiers se penche vers la fenêtre de Chazz, l’autre attend debout derrière. Flic 1 : « Excusez-moi, mademoiselle, mais je dois vous contrôler. »
Planche 6
Vue de l’intérieur, Jimmy se penche par-dessus Chazz et dit : « Salut Ed ! Vous cherchez quoi ? »
Ed : « Ah salut gamin. On cherche une dingue qui aurait abattu un homme d’affaire. Un contrat. Une sale affaire quoi. »
Jimmy : « Je peux te garantir que la demoiselle n’est pas une dingue qui abat les gens »
Plan serré sur les cuisses de Chazz. Ed dit : « Tiens donc ? »
Gros plan sur les yeux de Chazz, plutôt féroces.
Ed : « Tu peux sans doute me dire à quoi vous avez occupé les deux dernières heures ? »
Jimmy : « Ben disons que tôt le matin c’est pas désagréable non plus, tu sais… »
Ed au flic n°2 : « C’est bon, c’est juste des gamins, laisse passer »
Chazz, de dos, parle du coin de la bouche : « En quel honneur ? »
Jimmy : « Je ne sais pas pourquoi tu veux éviter les flics, mais tu n’es sûrement pas une meurtrière »
Chazz (voix off) : « Un innocent à Hellcity ? Toujours vivant ? Alléluia mes frères, Dieu existe ! »
Planche 7
Voiture de Chazz arrêtée devant son lycée. On voit d’autres adolescents qui regardent la voiture, assez intrigués.
A l’intérieur : Chazz et Jimmy en train de s’embrasser.
Jimmy sors, l’air rêveur et heureux.
Chazz, pas mécontente non plus, lui dit : « A bientôt Jimmy ! Je t’appelle. » Jimmy : « Quand tu veux ! »
Chazz le regarde partir. Air méditatif mais sérieux, comme si elle pensait à des choses pas très agréables…
Chazz roule
Chez elle. Gros plan taille, elle porte à la main un gros paquet, de l’autre coté un sac à dos.
Elle jette le tout sur le canapé et allume l’ordinateur
Commence à ranger ses armes (flingue, câble enroulé, couteau) dans un placard spécial (contient fusils, revolvers, couteaux, grenades, etc…), pendant que l’ordi annonce : « Vous avez 12 nouveaux messages. Message prioritaire 1 : ‘‘Contrat à 25 000, mort accidentelle avant le 20 août, peu dangereux. Si vous acceptez, contactez M. Ratcle pour les détails.’’ Message prioritaire 2 … »
Allongée sur le canapé, réfléchit, air sombre. L’ordinateur continue à parler mais le texte est coupé, peu important. Tout l’appartement est sombre aussi, avec des reflets un peu ocres : la nuit tombe.
Planche 8 :
La planche se passe dans le noir, Chazz est uniquement éclairée par les bougies sur son gâteau d’anniversaire.
Gros plan sur Chazz, la tête posée sur son bras posé sur la table. De l’autre bras, elle joue avec des dominos et en a posés plusieurs debout à la suite. A coté il y a le gâteau. Elle l’ignore et regarde vers les dominos comme si c’était ses ennemis personnels : moitié hostile moitié concentrée. Voix off : « Ca y est, j’ai 16 ans. »
Vue de dos, elle s’est redressée et pose un domino. Bruit : tchac. Voix off : « Joyeux anniversaire, ma vieille ! Même pas majeure et tu fais déjà un métier qui te passionne et où tu massacres la concurrence. Au propre et même au figuré ! Bravo ! »
Vue du coté opposé à la lumière, elle tiens un domino très haut comme pour calculer où elle va le poser. Visage cynique, moqueur. Voix off : « Evidemment, ce cher boulot fait que je me sens un peu seule. Mais après tout j’ai été seule toute ma vie, je devrais y être habituée. »
Gros plan sur son bras : elle abat les dominos un par un. A chaque fois, le bruit : tchac. Voix off : « Et puis j’aime tuer. C’est la seule chose qui ne puisse jamais être réparée. Ça me fascine.»
Vue de face. Elle abat toujours les dominos. Voix off : « Les fortunes s’écroulent, les plaisirs s’enfuient, les rêves se dispersent… seule la mort est éternelle. »
Vu du coté de la lumière. Elle a la tête penchée, posée sur son poing fermée, l’air sombre ou boudeur. Voix off : « En fait je cherche la même chose que tous les magouilleurs qui essayent de se tailler un empire. Je veux la puissance. Je veux faire quelque chose que personne ne puisse effacer. »
Vue d’un peu plus loin. Elle tient un domino en l’air, devant son visage, l’examine avec un sourire charmeur. Voix off : « Pourquoi vouloir la puissance ? Parce que j’ai peur. Peur de la mort. Peur qu’on me fasse du mal. »
Gros plan sur les dominos. Elle en pose un à coté de ceux encore debout. Voix off : « Du coup je me fais plein d’ennemis. Et je les tue »
Chazz souffle ses bougies. Voix off : « Joyeux anniversaire, Chazz ! »
Noir total. Voix off : « Et continue à courir après le néant, tu le fais si bien… »
Planche 9 :
Scène : intérieur de la bibliothèque municipale. Très grand bâtiment qui a été moderne à une époque désormais lointaine. Entre les rayonnages super-design on trouve des piles de livres très colorés et des cartons. Par endroit, une caméra plus ou moins bousillées. Il y a des écrans incrustés au bout de chaque rangée. En gros : la bibliothèque à la pointe de la technologie en 2020, qu’on a complètement délaissée depuis dix ans. Il n’y a personne nulle part.
Chazz marche entre les rayonnages. Voix off : « La bibliothèque, c’est mon bureau. On peut y trouver tout ce qu’on veut et contrairement à Internet, la police n’a aucun moyen de retrouver qui a prit tels renseignements »
Elle attrape plusieurs petits livres sombres dans un carton. Voix off : « Au début, je lisais surtout des trucs sur le corps humain et les poisons. J’adore la chimie. En ce moment, je fais des recherches sur les explosifs, histoire d’avoir un peu plus d’atouts dans mon jeu. »
Elle pose ses trouvailles sur une table immense entourée de fauteuils déchirés. Voix off : « Même les romans et les films me servent, j’y trouve plein d’idées, je repère les failles dans les raisonnements des enquêteurs… Les vrais flics ne leur arrive pas à la cheville, mais on ne sait jamais. En tous cas ça m’amuse. »
Plan sur son livre traitant des explosifs, vu par-dessus son épaule. Voix off : « Enfin d’habitude. »
Même plan, cette fois Chazz est couchée sur son livre. Pensée : « Je sais pas ce que j’ai aujourd’hui, je ne suis pas motivée… »
Plan serré de face. Elle a posé sa tête sur ses bras et paraît dépitée. Pensée : « Je bosse tous les jours depuis mon premier contrat, j’ai peut-être besoin de vacances… ça fait presque trois ans quand même. »
Même plan. Chazz soupire, yeux fermés. Pensée :« Sauf que le boulot, c’est la seule chose qui m’intéresse dans la vie. Et que j’ai pris plein de contrats. Je ne peux pas disparaître comme ça, j’ai eu trop de mal à monter jusqu’à ce niveau ! »
Vu debout, elle laisse tout sur la table. Pensée : « Aller, je vais m’entraîner un peu en bas et je file m’occuper de Redgis, ça ira mieux après. »
Dans les archives (on voit que les immenses armoires métalliques ont toutes été roulées sur le côté), elle tire. A ses pieds, pas mal d’armes diverses et de munitions.
Vue de face, tire toujours. Pensée : « Faudrait vraiment que je… »
Planche 10 :
Chazz, cadrée torse, porte un maquillage très spécial, quadrillé blanc et noir. Elle téléphone : « Allô, Jimmy ? C’est moi. »
Jimmy, dans sa chambre (pourrie), n’en reviens pas : « Oui, allô, oui, salut ! Tu… ça va ? Tu vas ? Bien, je veux dire. »
Chazz, vue en entier, adossée à un mur dans la rue. Elle est habillée d’un long imperméable rouge sous lequel elle porte des vêtements noirs. Elle parle : « Et toi, tu t’es remis de notre petite balade ? »
Jimmy : « Oui, enfin ça m’a fait vraiment plaisir… »
Vue élargie Chazz. Autour d’elle, d’autres gens portent le même genre d’habits, avec différentes couleurs d’imper (toutes très flashy) et différents maquillages tous bizarres. Chazz : « Donc ça te dirait de me revoir ? »
Jimmy : « Bien sûr ! »
Cadrée torse, Chazz : « L’arrêt de bus est près de chez toi, non ? Attends-moi là à 11 heures. Je t’invite dans un endroit classe, alors habille-toi bien. » Un type maquillé, imper vert, se penche vers elle, elle le regarde.
Jimmy : « Oui, bien sûr ! »
Chazz tend un paquet minuscule au type et regarde déjà ailleurs. Le type commence à se détourner, on voit qu’il a les yeux complètement hallucinés. Chazz : « Parfait. A ce soir. »
Chazz plan plus rapproché, songeuse, pense : « Peut-être un peu trop directive… faudra que j’essaye d’être gentille quand je le verrai. En tous cas ça me changera de sortir avec un mec au lieu de le buter. Je suis sûre que ça va me faire du bien. »
Vue sur la rue. Plusieurs personnes sont habillée normalement. Chazz pointe une femme du doigt en criant : « Voilà l’Abomination, elle doit rompre ! »
Planche 11 :
Tous les gens en imper se jettent sur la femme. On voit une partie de la tête et torse de Chazz vu de derrière, elle est resté en retrait par rapport aux autres. Pensée : « Avec tout ça, j’ai failli louper Redgis. »
On ne voit plus la femme au milieu de la masse, mais on voit du sang et des morceaux voler. Beaucoup ont du sang sur la bouche. Les autres gens s’enfuient en courant, sauf l’un d’entre eux qui sors un flingue qu’il pointe sur la meute. Voix off : « Mise en pièces par une secte de cinglé qui s’est trompée de cible, ça compte dans les accidents à Hellcity. » Chazz (toujours même position) pensée : « Tiens, un héros, décidément c’est de plus en plus courant. »
Les gens en imper s’écartent du cadavre qui ne ressemble plus à rien. Certains commencent à fuir, d’autres se jettent sur le type au flingue qui tire plusieurs coups. Il y a déjà deux morts à terre dans les impers. D’autres encore restent sur place, comme s’ils ne se rendaient compte de rien. Chazz (même plan mais commence à se tourner) pensée : « Bon, elle a son compte et ça commence à chauffer dans le coin… cassos ! »
Dans sa voiture, Chazz porte une tenue sexy et visiblement très chère.
Jimmy, jean noir et chemise blanche, est debout près de la voiture, très intimidé. Chazz : « Tu es parfait, grimpe ! »
Vue de l’intérieur de la voiture. Chazz conduit, Jimmy la regarde et pense : « Maintenant il faut que j’assure… Je vais jamais y arriver. »
Chazz se retourne vers lui et lui sourit très gentiment, en disant : « Je pensais aller dans un bar, genre le Baloon’s. Ça te tente ? »
Jimmy lui sourit aussi et réponds : « Bien sûr ! Ça sera parfait ! » Pensée : « J’ai jamais entendu parler de ce truc ! Elle va vraiment de prendre pour un plouc fauché ! Pire, elle va s’apercevoir que je suis un plouc fauché ! Ça craint ! »
Plan sur les deux, vu de face. Les lumières se reflètent sur le pare-brise. Pensée de Jimmy : « C’est dingue qu’une fille comme elle s’intéresse à moi… Et je ne connais même pas son nom ! Faut absolument que je trouve un truc intéressant à dire. »
Vu de l’intérieur de la voiture, coté Chazz. Jimmy regarde ses vêtement et dit : « Il est très joli ton… heu… je ne sais même pas comment ça s’appelle. » Pensée : « Crétin ! »
Planche 12 :
Même plan. Jimmy : « Je veux dire, c’est trop petit pour être un T-shirt, c’est pas un maillot de bain… mais c’est joli. » Chazz rit.
Vue de l’arrière. Chazz : « Laisse-moi deviner : tu n’as pas l’habitude de la haute couture ? » Jimmy : « Je sais déjà que plus c’est cher, moins il y a de tissu. »
Cadré sur Chazz, tournée vers lui, sourire complice : « L’essentiel, quoi. »
Ils s’arrêtent devant un immeuble normal, plongé dans le noir.
Ils descendent, Jimmy suit Chazz en pensant : « Mais où on va là ? »
Ils entrent dans le hall de l’immeuble, toujours dans le noir.
Un portier leur ouvre une porte, derrière laquelle il y a une lumière très forte et de la musique.
Vue du bar, avec la porte devant laquelle se découpe la silhouette de Chazz au fond. Le bar ressemble plutôt à une boite de nuit même s’il n’y a pas de piste de danse. La décoration est plutôt sobre, dans les tons clairs. Tout le monde porte des tons sombres. Il y a du monde autour des tables, ailleurs des gens sont installés sur des coussins, mais la plupart des gens sont debout. Il y en a un paquet. Ils portent tous des tenues et des coiffures mode, dont certaines très bizarres.
Chazz prend la main de Jimmy et l’entraîne à sa suite.
Elle se plante devant une table près du bar. Les gens partent très précipitamment. Jimmy ne s’en aperçoit pas, il regarde de tous les cotés, ébahis.
D’un geste, elle l’invite à s’asseoir. Elle lui demande : « Qu’est-ce que tu veux boire ? » Jimmy : « Heu… Comme toi ! » Pensée : « J’ai aucune idée de ce qu’on peut boire dans un endroit pareil ! »
Chazz s’éloigne en lui faisant un clin d’œil et dit : « Attends-moi là. »
Planche 14
Chazz s’approche du bar, plusieurs hommes la regardent d’un air appréciateur.
Elle grimpe sur le bar.
Cadre sur Jimmy, l’air stupéfait.
Cadre sur les jambes de Chazz, elle slalome élégamment entre les verres. On voit les gens assis devant qui la regardent, les yeux ronds.
Elle se baisse et pose un genoux sur le comptoir devant la barmaid, à qui elle dit en montrant deux doigts : « Deux délices du soir, s’il vous plait ». Derrière elle, des gens qui attendaient ont l’air furieux, surtout une fille habillée de manière très voyante.
La femme lui sert deux verres à cocktail contenant un liquide noir, elle n’a pas l’air de trouver quoi que ce soit anormal.
Chazz repart, toujours sur le bar.
Jimmy s’est glissé entre deux personnes pour lui tendre la main et l’aider à descendre. Il a l’air très admiratif.
Cadré à la hauteur de leurs torses (Chazz est redescendu sur le plancher des vaches), elle lui tend un verre en disant : « Ici il faut toujours attendre des heures pour être servi, c’est désagréable. »
Ils s’assoient, Chazz est de dos, d’après leur position elle lui parle mais pas de texte. On voit que la musique est toujours aussi forte.
Gros plan sur l’épaule de Chazz : une fille vient de lui poser la main dessus. Elle porte plusieurs bagues et de nombreux bracelets fantaisies. Voix : « Excuse-moi ! »
Planche 15
Chazz se retourne, c’est la fille à qui elle a grillé la priorité. Elle tient une cigarette à la main, dans une pose faussement décontractée. Deux mecs sont avec elle et se la jouent gardes du corps. Très froide, sourire méprisant, elle dit : « Je crois que tu es assise à ma place. »
Chazz se lève. Cadre assez large : on voit les deux filles qui se toisent, les amis de l’autre derrière elle, Jimmy sur le coté qui commence à se lever aussi.
Cadre resserré à hauteur du torse sur les deux filles. Chazz se penche et prend la cigarette de la fille, délicatement, comme une fleur. Air horrifié de la fille.
Plan sur Chazz, Jimmy à ses cotés. Elle met la cigarette dans sa bouche et dit : « Chérie, je t’assure que cette place n’est pas faite pour toi ». Pensée : « Et devant ce mec je ne peux même pas te planter ta clope dans l’œil, c’est ton jour de chance poupée. »
Gros plan visage fille, furieuse.
Plan plus large, la fille lance un regard noir à ses princes charmants qui s’avancent vers Chazz.
Chazz jette un regard en coin à Jimmy qui s’avance pour la protéger. Pensée : « Bon, faut que je fasse quelque chose avant qu’il s’en prenne plein la gueule. ».
Elle s’écarte, l’air très serein, tenant toujours la cigarette à la main, et désigne la table en disant : « Mais je dois t’avouer que j’adore ta marque de cigarette. Une fille qui a si bon goût mérite qu’on fasse un effort. Je t’en prie, installe-toi. » A coté d’elle, les autres sont tous stupéfaits.
La fille se retourne vers Chazz et piaille : « C’est pas ça le problème ! »
Plan élargi, on voit qu’il y a énormément de spectateurs autour d’eux. Même la musique est moins forte (mais ça je ne sais pas comment le montrer).
Cadre resserré sur Chazz, pose très décontractée, sourire sympathique et yeux froids, dit : « Pourtant, je connais des tas de gens qui apprécient que Chazz leur fasse une faveur. »
Planche 16
Dans la voiture, Chazz dit : « Excuse-moi, je n’aurais pas dû t’emmener là. Ce sont des cons. »
Jimmy, n’ose pas la regarder, dit : « Non, non, ce n’est pas ta faute. »
Chazz : « J’aurai dû savoir qu’ils réagiraient comme ça. En fait je ne vais jamais dans ce genre de boîte, la faune qui y traîne me tape sur les nerfs. »
Vue de l’avant de la voiture, Chazz et Jimmy regardent chacun sur le coté, silencieux.
Cadre sur Chazz, les yeux mi-clos, air impassible, dit : « Je voulais t’impressionner. »
Jimmy la regarde et lui sourit, enthousiaste : « Tu m’as impressionné ! Ils étaient tous pliés en quatre devant la grande Mademoiselle Chazz ! C’était impre… vraiment fort ! »
Chazz, air énervé qui cache un petit sourire : « Du coup, on n’a pas pu rester. Ce que c’est pénible quand les gens font ça ! »
Jimmy, plus sérieux : « Comment ça se fait que tu sois si célèbre ? »
Chazz, air évasif : « J’ai beaucoup d’argent. »
Jimmy se penche vers elle, très sérieux : « Comment ça se fait ? Ca a un rapport avec ce que tu faisais le matin où on s’est rencontré ? »
Gros plan sur Chazz, la colère monte.
La voiture freine brusquement.
Planche 17
Chazz (vue de l’intérieur), immobile, impassible, regarde droit devant elle.
Elle se tourne vers Jimmy.
Gros plan visage de Chazz. Elle a l’air très sérieuse, et elle est très belle. Dit : « S’il te plait… »
Jimmy, en attente, un peu angoissé, dit : « Quoi ? »
Cadre sur les deux, vus de l’arrière. Ils sont penchés l’un vers l’autre. Ils sont éclairés par un lampadaire de la rue, on voit leurs silhouettes à contre-jour. Chazz : « Ne pose pas de questions. Je t’ai invité parce que je t’aime bien. Tout ce que je te demande, c’est de ne pas te mêler de ma vie. Tu as compris ? » Jimmy : « D’a… d’accord. J’ai compris. Chazz. »
Cadre sur Jimmy qui se redresse. Sourire timide. Dit : « Je devrais plutôt dire Mademoiselle Chazz, c’est ça ? »
Chazz rit. Lui aussi.
Chazz redémarre, conduite énergique (toujours vu de l’intérieur voiture), elle sourit et dit : « Je t’emmène dans un autre bar, et cette fois promis on pourra placer deux mots ! »
On les voit assis à une table, dans la fumée, en train de parler. On ne voit pas ce qu’ils se disent. Chazz porte la veste de Jimmy.
Ils partent, cadre sur la main de Chazz qui pose un billet sur la table. Jimmy (hors cadre) : « Attends, tu ne vas pas tout payer, je… »
Cadre sur eux deux. Chazz : « Je t’ai dit que je t’invitais, non ? D’ailleurs la prochaine fois c’est toi qui m’invite. Choisi un coin où tu seras à l’aise, on passera une bonne soirée tranquilles. »
Ils sortent. Jimmy suit Chazz, les mains dans les poches. Pensée : « Evidemment, si je t’emmène dans un coin que moi je connais, ça sera forcément très, très tranquille. Peut-être même mort. »
Planche 18
Chazz dort. Cadre large sur la chambre et le lit, rayons de soleil.
Sonnerie du téléphone. Cadre plus rapproché, elle grimace.
Elle ouvre les yeux, complètement dans le coltar. Pensée : « Sonnerie pour le boulot… putain. »
Même cadre, elle se lève donc vue sur ses jambes (et elle porte un pyjama blanc pas du tout sexy). Sonnerie insistante. Pensée : « Faut que je pense à mettre ce foutu machin sur répondeur automatique avant 11h. »
Debout, elle attrape le téléphone. Gestes maladroits et yeux toujours à moitié fermés. Chazz : « Allô ? »
Cadre torse, elle s’allume une cigarette et se bat avec le briquet, le téléphone tombe presque, air de mauvais poil. Voix téléphone : « Bonjour. Je voudrais vous parler d’un contrat. Il faut bien donner la difficulté puis prendre rendez-vous pour régler les détails pratiques ? »
Chazz jette son briquet, yeux au ciel, dit : « Exactement. Ainsi on se met immédiatement d’accord sur le prix et mon patron peut dire s’il a le temps ou pas. »
Voix téléphone : « Il s’agirait de s’occuper de 13 personnes, en espace clos. Personne ne dois savoir qui est le coupable. Toutes sont extrêmement méfiantes. Aucune arme sur place. Les lieux seront fouillés avant pour éviter les bombes, chacun surveillera sa propre nourriture. Dans un mois ». Air stupéfait de Chazz, la cigarette lui tombe de la bouche, ses yeux brillent.
Voix téléphone : « Vous acceptez ? » Chazz : « Oui. » Elle est déjà plus calme, mais toujours les yeux brillants.
Chazz s’assoit par terre, les yeux perdus dans son rêve. Dit : « 1 million, plus les frais. On peut se voir quand ? » Téléphone : « 15h aujourd’hui, en personne. Une voiture passera vous chercher au coin de la 57ème rue, 3ème avenue. » Chazz : « Parfait. »
Elle raccroche le téléphone. Toujours même position. Voix off : « Le contrat de mes rêves ».
Cadre resserré sur son visage, sourire anticipant un moment très heureux et un peu cruel (le sourire, pas le moment). Voix off : « Un crime parfait impossible ! »
Planche 19
Toujours assise par terre mais point de vue différent, se ressaisit et commence à pianoter sur le téléphone. Pensée : « C’est pas tout ça mais il va falloir que je réaménage tous mes contrats si je veux avoir le temps. »
Cadre visage. Pensée : « Mieux vaut attendre d’avoir tous les détails, il ne faut pas trop que je m’emballe. »
S’installe devant l’ordinateur et l’allume. Pensée : « Je vais quand même voir comment je pourrais m’organiser. » Pensée 2 : « Je n’ai que trois contrats dans le mois qui arrive. Je deviens trop difficile ou c’est juste de la flemme ? Il y a toujours du travail pour moi à Hellcity ! »
Elle est au coin des deux rues, habillée d’une manière assez sobre et démodée. Pensée : « Avec tout ça, j’ai oublié de rappeler Jimmy. »
Vue sur le coté. Les voitures passent derrière. Pensée : « En même temps, c’était juste pour me sortir de ce stupide cafard. Là j’ai de quoi m’occuper. En plus, je ne pourrais pas lui cacher ce que je fais bien longtemps. »
Vue arrière, cadré torse, continue à guetter : « D’ailleurs je sais même pas si je suis censée le rappeler moi ou je dois le laisser fai… »
Gros plan sur yeux, moitié fermés, concentrée. Pensée : « Le voilà ! »
Voiture noire arrêtée sur le coté. Chazz se dirige vers elle.
Cadre hauteur torse (et toit voiture), on voit chauffeur debout d’un côté et Chazz de l’autre, se font signe de tête, l’air très sérieux tous les deux.
Chazz monte à l’intérieur, à l’arrière. Vue de l’intérieur voiture, on ne voit que la jambe de la femme qui est déjà assise dedans. Elle dit : « Bonjour, mademoiselle Chazz. »
Cadre sur les deux femmes, mais l’autre est toujours un peu dans l’ombre. Chazz, assise, lui tend la main qu’elle serre et dit : « Je vous en pris, appelez-moi Chazz tout court. Je suppose que vous êtes l’intermédiaire de mon client ? »
Cadre visage intermédiaire. Elle est plutôt jolie mais tenue très stricte, très pro. Sourire très pro aussi. « Bien sûr. Vous ne devez pas savoir qui vous a engagée. » Chazz (hors cadre) : « Tout comme vous ne devez pas savoir qui exécute le travail. »
Premier plan, la femme se penche prendre un mini-CD devant elle. Elle dit : « Bien entendu, vous nous donnerez le plan que suivra cette personne. » Chazz (second plan) : « Pas question »
Planche 20
Cadre : on voit les deux femmes face à face. Chazz a les bras croisés, sourire calme. L’autre est plutôt ébahie même si elle veut le cacher (c’est montrable un truc pareil ????), et dit : « Je vous demande pardon ? »
Cadre sur Chazz, qui décroise les bras et s’installe dans une pose très relax (un bras sur le dossier des sièges). Dit : « Vous avez commandé un crime parfait. Ce contrat doit donc rester à jamais un mystère. Il est hors de question que tout soit dévoilé parce que mon client se fait pincer par le fisc et ne supporte pas bien la prison, par exemple. »
Cadre sur l’autre, qui a retrouvé son calme et son sourire pro : « Je ne pensais pas que vous travailliez pour l’amour de l’art. »
Cadre sur Chazz, sourire assez carnassier : « Pourquoi croyez-vous que mon équipe est la meilleure ? »
Cadre sur l’autre, air indifférent, lui donne le CD et dit : « Mon employeur ne m’a pas précisé si ce point était négociable, je suppose que ça n’a pas une grande importance pour lui. Tous les éléments sont là. »
Chazz se tourne vers la porte tout en rangeant le CD dans une poche intérieure. L’autre est à moitié hors du cadre. Chazz : « Merci, je vous contacterais en cas de problème. » L’autre : « Et si le contrat est trop dur pour votre…heu… »
Chazz se retourne et dit : « Ca s’appelle un tueur. Et si lui ne réussit pas, personne ne peut réussir. De toutes façons, si vous préférez utiliser un homme à vous qui fera de son mieux et que vous pourrez descendre sans problème la fin, c’est maintenant ou jamais »
Gros plan visage femme, toujours professionnelle, impénétrable.
Gros plan visage Chazz, léger sourire patient, regard sympathique
Cadre sur les deux femmes, vues de l’avant. L’autre dit : « Au revoir, mademoiselle Chazz. »
Chazz dans la rue, le vent fait voler ses vêtements. Autour d’elle, il y a pas mal de foule, elle ne détonne pas. Elle tourne le dos à la voiture, qui démarre. Derrière elle, deux hommes la regardent d’un air assez sérieux, concentrés.
Elle avance à moitié hors cadre, les deux types la suivent.
Planche 21
Chazz dans la rue, vue de dos. Pensée : « Pas très professionnelle, cette charmante dame… » Pensée 2 : « Dix contre un que je bosse pour des amateurs qui veulent faire péter tous les patrons en même temps. » Au premier plan, les ombres des deux types qui la suivent.
Elle s’arrête, à moitié tournée vers une vitrine, et sort une cigarette. Pensée : « D’ailleurs les deux guignols qui me suivent n’ont pas l’air très pros non plus. On parie qu’ils sont dans la même équipe et veulent découvrir mes petits secrets ? »
Elle prend le bus. Les deux la suivent.
Le bus arrive dans un quartier très délabré, beaucoup de monde dans la rue, dont une majorité d’enfants, tous armés. L’image prend toute la largeur de la page. Beaucoup de détails. On en voit certains qui dealent, d’autres qui se battent, des filles qui font le trottoir, pas mal d’oisifs une bouteille pas loin, des mendiants. Partout des détritus volent.
Chazz descend du bus. Les deux autres la suivent toujours, l’air pas rassurés. D’autres gens descendent en même temps qu’eux, tous pauvres et fatigués (limite zombis)
Chazz marche. Elle se fait accoster de tous les cotés : « Et miss tu veux de la dope ? » « Pitié trois sous pour manger du bébé ! » « Et un mec pour la nuit, bien dressé, je peux t’en trouver un pas cher ! » « Du shit pas cher ! Pas coupé ! » « Barre-toi pouffiasse ! »
Même scène, avec ses deux suiveurs, l’air de plus en plus effrayés. Autour d’eux, tous les gens se mettent à parler entre eux, personne ne leur accorde un regard. L’un dit l’autre : « Putain je le sens mal » L’autre : « Ta gueule, on la perd pas de vue ! »
Chazz entre dans une rue ou une cour d’immeuble, vu de l’intérieur (= on la voit de face), dit : « Salut Roi Mouche ».
Vue la cour, comme le reste pleine de déchet. Assis sur un énorme coussin, au sommet d’une énorme poubelle, un pré-ado (genre 12 ans) attend, pose de roi sur son trône. Autour de lui, trois ou quatre enfants dans les 8 ans, filles et garçons, armés de flingues à la ceinture (l’un d’entre eux a en plus une machette), l’air féroce et sérieux, le visage barbouillé de signes tribaux noirs. Le roi dit : « Salut Chazz. Que puis-je faire pour ton service ? »
Chazz s’assoit sur un bidon qu’un des enfant avance pour elle, et dit : « J’aimerai que tes enfants s’occupent des deux comiques qui me collent au train, et les laissent repartir vivants. Et bien sûr j’aimerai repartir moi-même d’ici sans problèmes. »
Cadre roi : « 50 dollars. » Il a posé sa tête sur son coude et paraît ne pas accorder beaucoup d’importance à son interlocutrice.
Chazz, tout aussi paisible, gros plan visage : « 10. »
Les deux types sont installés de chaque coté de l’ouverture qui mène dans la cour (on voit Chazz dedans d’ailleurs). L’un d’eux dit : « Et si elle continue à se balader dans ce labyrinthe ? » L’autre répond : « T’inquiète c’est un cul-de-sac ». Il essaye du geste de se débarrasser d’un enfant de 4-5 ans qui mendie et s’accroche à sa manche. Autour d’eux, il y a plusieurs enfants qui les guettent, les yeux brillants.
Planche 22
Alternance rapide de cadres de Chazz et du roi (première ligne), on voit clairement qu’ils se marrent autant l’un que l’autre :
Roi : « 47 »
Chazz : « 15 »
Roi : « 45 »
Chazz : « 20 »
Roi : « 44 »
Chazz : « 40 »
Le roi saute en bas de son trône, en disant : « OK pour 40. »
Il prend la main de Chazz et l’entraîne derrière lui vers droite case, tout en faisant un signe de tête aux autres enfants. Il dit : « Tu es pressée aujourd’hui, c’est des dangereux ? » Chazz : « Non, mais j’ai un rendez-vous urgent. » Les enfants commencent à courir vers gauche case.
Les enfants armés de 8 ans donnent des instructions à cinq enfants dans les 4-5 ans, apparus comme par magie, et qui hochent la tête, air sérieux. L’un des 8 ans, celui qui a la machette, se tient en retrait et a la tête tournée vers Chazz et le roi qui partent.
Cadre sur le roi, Chazz en partie coupée à ses coté, dit négligemment : « Tu viens le Rat ? »
L’enfant à la machette (le Rat) coure vers eux. Il a l’air plutôt vexé et/ou furieux. Derrière lui, les lieutenants regardent les petits partir, points sur les hanches, poses relax.
Chazz, le Rat et le roi mouche marchent dans une ruelle, le rat en tête, Chazz derrière, le roi à la fin. Vue de l’arrière, en haut, assez large. Aucun signe de vie dans la ruelle (peut-être un ou deux rats)
Plan plus resserré, vue de l’avant, Chazz dit : « C’est fait ? » Le roi répond « Sûrement » Le rat a l’air féroce (et peut-être shooté, ou cinglé, en tout cas il fait une tête menaçante alors que personne ne peut la voir).
Grande case : les deux suiveurs de Chazz sont assaillis par une vingtaine d’enfants entre 3 et 6 ans, en haillons, les yeux brillants, qui se grimpent les uns sur les autres pour mieux leur arracher tout ce qu’ils ont sur eux. Leurs armes sont déjà entre les mains des plus grands qui les ont enfilé à leur ceinture, leurs portefeuilles sont dépiautés et l’argent partagé. Les enfants ne se battent pas entre eux, ils sont très efficaces et tous concentrés vers le même but.
Vue de la ruelle, de devant eux. A l’avant, le rat attrape le manche de son flingue et commence à le tirer hors de sa ceinture, il a un sourire sournois et cruel. Derrière, Chazz dit : « Tes soldats sont toujours aussi efficaces, Roi Mouche ».
Planche 23
Le rat brandit son arme vers Chazz en hurlant : « Jecte ton flouz et tout l’bordel ! » Il écume, content de lui et surtout excité. Chazz n’a pas l’air très surprise, elle lève les bras en l’air.
Vue de l’avant. Les deux enfants se mettent à s’engueuler, Chazz entre eux, l’air toujours serein, mains en l’air. Le roi dit : « Cinglos ! On n’avait pas dit ça ! Faut garder la confiance des clients ! » Le rat répond : « Connard ! »
Vue de l’arrière. Le rat dit : « Arrêtes tes putains de mot de richeton qui vaut mieux qu’nous tous ! Moi je te dis on se la fait ! Dois avoir plein de thune ! »
Cadre Rat, montre les dents, très menaçant, baisse un peu son arme pour qu’elle soit plus à la hauteur de la tête du roi. Dis : « Si tu veux on se règle ça là t’suite entre deux ! »
Cadre sur Chazz et le rat. Chazz a baissé le bras très vite et a attrapé et tordu le poignet du rat, de l’autre main elle lui tranche la gorge. Dit : « Ok »
Vu Chazz (de dos) en entier. D’un geste, elle repousse le corps pour qu’il ne tombe pas sur elle. Le rat s’écroule. Dans l’autre main, elle tient un couteau à lame longue mais très fine, pleine de sang. Elle dit : « Pourquoi »
Cadre rapproché torse Chazz, air calme, dit : « tu ne lui as pas dit que j’étais une fille dangereuse ? »
Le roi la dépasse et commence à se pencher vers le rat. Dit : « Il voulait ma place »
Vu du niveau du sol. Le roi, accroupi près du corps, récupère l’arme d’une main et commence à le fouiller de l’autre. Chazz, debout, le regarde faire en repliant son couteau (bruit : clap). Voix off : « Donnez à ce gosse un peu d’instruction et un costard trois pièces, et il vous taille un empire du crime »
Vue de l’arrière. Le roi se relève et dit : « On y va ? Mes gars vont s’occuper de lui.». Chazz le suit. Voix off : « C’est triste de voir tant de talent inutilisé.»
Les deux suiveurs de Chazz, nus et avec pas mal de bleus. L’un téléphone : « On l’a perdue, on est à Angels’ Garden, besoin de renfort ! » Derrière eux, les gens les regardent et se marrent.
Chazz et le roi arrivent dans un parking souterrain, délabré comme tout le reste, mais les voitures sont plutôt bien.
Planche 24
Ils arrivent devant la voiture de Chazz. Elle se tourne vers lui et lui tend la main.
Gros plan sur leurs mains, on voit que le roi prend des billets dans sa main. Chazz dit : « A la prochaine majesté. »
Cadre roi, qui met la main dans sa poche. L’air légèrement surpris.
Même cadre, il relève la tête et dit : « 45 ? »
Cadre torse Chazz, bras croisés, sourire insolent, dit : « J’encourage ta politique commerciale. Je préfère traiter avec toi qu’avec des mecs comme le Rat. »
Le roi hoche la tête, sourire léger et fatigué, fait un signe de la main qui veut dire ‘au revoir’. Dit : « Il élevait un frère et trois sœurs. Je leur donnerai l’argent. ». Chazz dit : « Fais comme tu veux. »
Chazz regarde le roi s’éloigner. Voix off : « Ce type est un survivant, coriace comme une tique, qui sait toujours d’où vient le vent. »
Même cadre, le roi est un peu plus loin. Voix off : « Si on me demandait de le tuer, j’en demanderai cher. J’ai de l’estime pour lui.»
Chez Chazz, devant son ordinateur, a sorti le mini-CD et le colle sur une boîte noire, près de l’ordinateur, qui se met à ronronner. Pensée : « D’abord, vérifier les virus »
Gros plan sur la boîte. Un voyant vert s’est allumé. Pensée : « Parfait »
Gros plan main de Chazz qui met miniCD dans l’ordinateur. Pensée : « Vas-y bébé, raconte-moi tout. »
Cadre Chazz devant l’ordinateur, totalement fascinée. Pensée : « Un contrat totalement impossible… »
Plan plus resserré. Elle a un sourire énorme, expression de psychopathe qui vient de trouver la dernière victime du film qui était cachée dans le placard. Pensée : « Je sais comment faire. »
Son téléphone sonne dans sa poche. Elle se tourne à moitié, expression surprise.
Planche 25
Vue téléphone, par-dessus l’épaule de Chazz. Sur l’écran, marqué : Jimmy. Pensée : « Bon… qu’est-ce que je fais ? »
Plan sur Chazz, tiens son téléphone (qui sonne toujours) devant elle et le regarde, hésitant. Pensée : « Qu’est-ce que j’en ai à faire de ce mec ? Avoir une relation de ce genre ne me sert à rien. »
Vue de coté, Chazz tiens son téléphone un peu plus près d’elle, ne répond toujours pas. Pensée : « En même temps, ça ne me coûte rien de le lui dire directement. »
Elle réponds : « Allô ? » Air nerveuse, se mordille un peu un doigt.
Jimmy, vue dans sa chambre, tourne en rond : « Salut Chazz ! Tu vas bien ? »
Chazz regarde l’écran de l’ordinateur et souris franchement. Dit : « Oh oui, j’ai reçu une très bonne nouvelle aujourd’hui, un truc que j’attendais depuis une éternité. »
Jimmy, souris aussi : « Super ! Je suis content pour toi. »
Jimmy, s’assoit sur son lit, nous tourne un peu le dos, dit : « En fait, je t’appelais pour t’inviter… enfin, je joue un match samedi et ça me ferait vraiment plaisir si tu venais. C’est juste une rencontre inter-lycées, mais après on pourra aller faire autre chose. Ce qui te tente. »
Chazz, regarde un peu dans le vide, se passe la main dans les cheveux, air de prendre une décision difficile, pense : « Bon sang, j’ai pas envie de le planter là… Pourtant même si je veux me trouver un petit ami, je n’ai aucune raison de choisir ce type. Aucune. »
Dit : « Je pense que je pourrais passer. »
Même cadre, elle a les yeux fermés, fait la grimace, pense : « Et merde. » Dans le téléphone, Jimmy dit : « Génial ! » Chazz pensée 2 : « Merci là tu me consoles. »
Dans scène précédente : on voit la nuit tomber petit à petit. Ici nouveau jour, lumière différente.
Chazz est assise devant son ordinateur. Son bureau est très grand et il y a des papiers griffonnés partout, avec par endroit des mécanismes, des minuscules fioles, des bouts de fil de fer, bref rien qui évoque quoique ce soit (sauf l’énorme tasse de café presque vide). Derrière l’ordinateur, plusieurs feuilles sont punaisées, contenant des schémas plus ou moins colorés, tous reliés entre eux en un gigantesque tableau. Chazz s’étire en arrière sur sa chaise. Elle est habillée différemment. Pensée : « Bon, c’est pas tout ça, mais il faut que je règle le RH22 quand même. »
Sors des vêtements d’homme (chemise et jean) de son placard et les tiens devant elle, devant son miroir. Pensée : « Au moins ça va être vite fait, un petit contrat à 5 000, aucun risque. »
Elle sors d’un autre placard une petite boîte en plastique, taille et forme d’un étui à cigarette. Voix off : « J’ai accepté ce contrat, je dois donc l’honorer, même si ma cliente ne peut rien me faire si je le romps. C’est sur ma conscience professionnelle que s’est bâtie toute ma réputation, j’y tiens. »
Chazz (suite)
Planche 26
Elle marche dans les rues d’un quartier plutôt moyen, déguisée en homme (avec vêtements qu’elle a sortit tout à l’heure, veste par-dessus), méconnaissable. Il est encore tôt. Les gens vont et viennent, le tout est assez paisible. Voix off : « C’est le 22ème RH que j’accepte : mort accidentelle d’une femme au foyer, classe moyenne modeste, sans méfiance. »
Elle entre dans un immeuble en tapant le code adéquat. Voix off : « Le meilleur truc pour avoir tous les renseignements nécessaires, ce n’est pas demander au mari, mais de commencer à discuter avec la cible au supermarché. »
Monte dans l’ascenseur. Voix off : « D’ailleurs pour une fois, ce n’est pas le mari qui m’a engagée, c’est sa maîtresse. »
Plan Chazz de dos, sonne.
Cadré torse (vu devant), elle se penche et sors un objet de la poche intérieure de sa veste. Pensée : « Comme prévu, il n’y a personne ».
Plan serré sur ses mains, elle ouvre la porte avec un passe. Voix off : « Moi, je trouve ça romantique »
Elle entre dans la cuisine. On la voit de dos. Dans la cuisine, on voit nettement l’énorme frigo. Le reste du mobilier (table, chaises, pendule en forme de chat, etc…) est plus ou moins coupé par le cadre. Voix off : « Cette femme est prête à raquer dix ans d’économies pour que l’homme qu’elle aime soit libre. C’est beau comme sacrifice. »
Accroupie devant le frigo porte ouverte, elle a attrapé un paquet de yaourts. Pensée : « Ceux qu’elle est la seule à manger, c’est les crumpies aux noix. Vraiment dégueu comme truc en plus. »
Plan plus resserré, comme si on regardait par-dessus son épaule. Elle a sorti la petite boîte en plastique et l’a ouverte : à l’intérieur, il y a une seringue et un flacon. Les yaourts sont posés devant elle. Pensée : « Au moins, ça cachera le goût de la bactérie »
Même plan. Toute la lumière vient du frigo, toujours ouvert, et elle se penche un peu en avant pour bien voir. Elle pique la seringue pleine dans le fond du pot de yaourt. Pensée : « Et une intoxication alimentaire, une ! »
Vue de l’autre coté, elle fait la même chose avec le pot suivant. Pensée : « Ce qui me désespère, c’est qu’on n’appellera même pas les flics. Je pourrais mettre de l’arsenic dans sa tasse que ça serait pareil. Je me demande pourquoi je fignole autant tiens. »
Frigo fermé, Chazz debout, repart. Pensée : « Bah, au moins ça m’entraîne à ne pas en mettre partout. Ce qui est plus dur que je ne l’aurais cru. »
Vue de dos, part dans l’escalier, mains dans les poches. Pensée : « Et je n’ai toujours rien décidé pour le match de Jimmy. Et c’est tout à l’heure.»
Planche 27
Plan sur une cible en carton classique sur le visage de laquelle est collé un smiley. Un troisième œil a été fait par des impacts de balle. Pensée (hors cadre) : « J’y vais ? »
Même plan. Une balle vient faire un trou au niveau du nez du smiley. Pensée (hors cadre) : « J’y vais pas ? »
Plan large, on voit que Chazz est en train de s’entraîner au tir dans les archives de la bibliothèque. Elle a enlevé son maquillage et porte un jean et un pull normaux, on voit que c’est une fille. Elle a l’air très concentrée sur un problème difficile. Pensée : « Pourquoi je suis incapable de prendre une décision ? »
Plan plus resserré, elle a relevé son arme et prend un autre chargeur à sa ceinture. Pensée : « J’ai bossé toute la nuit et ce soir je commence à lancer les rumeurs. Je devrais être en train de dormir pour être en forme. »
Elle tire plusieurs coups. Pensée : « Et pas en train de me prendre la tête pour un naïf qui me prend pour une gentille fille et qui a confiance en moi ! »
Elle continue à tirer. Pensée : « On peut me faire confiance pour remplir mes contrats, point. Si quelqu’un me demande de tuer Jimmy je le ferais. Et si on y met assez d’argent n’importe lequel de ses copains en ferait autant. Comment il peut faire confiance aux gens ? »
Image de la cible, avec de nouveaux impacts à l’emplacement du cœur. Silence.
Gros plan sur visage de Chazz, a l’air calme, impassible. Tient le revolver toujours brandi mais ne tire plus.
Elle se détourne et commence à ranger son arme et les chargeurs qui lui restent. Pensée : « Après tout… »
Elle décroche la cible. Pensée : « si même une petite idiote peut claquer tout son argent et avoir un meurtre sur la conscience par amour pour un mec qui n’a même pas le courage de divorcer, je peux bien consacrer deux heures de ma vie à faire plaisir à un type qui me plaît. »
Elle sors de la salle et éteint. On la voit à contre-jour sur le pas de la porte, le reste de la case est plongé dans le noir. Pensée : « Le seul qui risque de souffrir dans cette histoire c’est lui. Et qu’est-ce que j’en ai à foutre ? »
Case longue : on voit Chazz arrivant dans les gradins, à gauche. Autour, on vois gradin avec spectateurs, beaucoup ont les emblèmes de l’une des deux équipes, pas mal de parents avec pères debout criant et mères papotant entre elles. On voit sur le terrain les équipes qui se préparent. C’est du foot américain.
Plan sur Jimmy, qui guette les spectateurs.
Planche 28
Chazz lui fait signe, relax, sourire tranquille.
Images * : même cadre, Chazz sur son banc, on voit un peu ses voisins sur les cotés et devant.
*Elle s’assoit. Le coup d’envoie est donné, autour d’elle tout le monde crie.
*Elle regarde, jambes croisée, assez détendue, tête un peu penchée. Autour d’elle, les gens sont très concentrés et angoissés. Voix du commentateur (hors cadre) : « C’est une course ! La défense va-t-elle ». Pensée : « Ils vont le bloquer et passer au n°21 »
*Toujours relax. Autour d’elle, les gens crient des encouragements, l’air super heureux. Pensée : « Ca fait trois fois qu’ils utilisent la même stratégie, ils vont quand même pas… et ben si, ça marche. »
*Elle a un peu l’air de s’ennuyer. Autour d’elle, les gens font une ovation. Pensée : « Jamais vu un trou aussi énorme dans une défense… Bon, au moins ils ont gagné, Jimmy doit être content. »
Elle attend que tout le monde sorte. Assise sur le banc, la tête un peu renversée en arrière, elle regarde le ciel. Commentateur (hors cadre) : « C’est une magnifique victoire des Devil bats de Roosevelt »
Hors du terrain, elle attend près de la sortie des vestiaires en fumant une cigarette. Deux-trois adultes près d’elle, parlent du match entre eux.
Un groupe de cinq pompom girls (sans les pompons) entrent dans les vestiaires en gloussant. Elles ignorent totalement Chazz, qui ouvre de grands yeux, surprise et un peu choquée. Pensée : « Hé non mais d’où elles entrent là-dedans ces pouffes ? »
Elle jette sa cigarette et entre à leur suite, assez énervée.
Intérieur des vestiaires, les joueurs se changent et les filles leur tournent autour, tout le monde drague plus ou moins. Chazz, les mains dans les poches, cherche Jimmy du regard. Elle a l’air de quelqu’un qui va passer ses nerfs sur le premier malheureux venu.
Cadre sur Jimmy, presque changé (encore torse nu), qui la voit, sourit et lui fait signe de la main en disant : « Salut Chazz ! » A coté de lui, une fille était visiblement en train de lui parler, elle tient toujours la pose qui met sa poitrine en valeur. Elle jette un regard noir à Chazz.
Chazz s’approche d’eux, sourire charmant, les mains dans le dos, toute innocente.
Case : on voit les trois, Chazz à gauche, Lonny à droite, Jimmy au milieu qui fait les présentations, sourit à Chazz en désignant Lonny. Dit : « C’est Lonny, une copine de classe. Lonny, je te présente Chazz ». Chazz, toujours sourire charmant, dit : « Salut. » Lonny, beaucoup plus froide, dit : « Salut »
Cadre : vu par-dessus l’épaule de Chazz, centré sur Jimmy et Lonny. Lonny met la main sur l’épaule de Jimmy et le regarde d’un air de gentille petite fille suppliante, tout en mettant sa cambrure en valeur. Jimmy regarde toujours Chazz. Lonny dit : « Alors, on y va ? » Chazz dit : « Vous allez où ? ». Chazz pensée : « Je vais la buter. »
Planche 29
Case où on voit les trois, Jimmy entre les deux filles, regarde toujours Chazz. Signe de protestation. Dis : « Nulle part, il y a une petite fête avec les membres de l’équipe et les pompoms ». Lonny a toujours la main sur l’épaule de Jimmy et dit : « Une fête privée, tu vois ? » Chazz sourit toujours. Pensée : « Je vais l’étrangler avec son string et faire durer un maximum »
Cadre que sur Jimmy et Chazz. Jimmy dit : « Moi je préfère qu’on passe un moment tous les deux… » Chazz le regarde enfin, touchée. Pensée : « Tu viens de sauver la vie d’une pompom girl »
Cadre plus large. Un autre joueur demande à Jimmy : « C’est vrai, tu ne viens pas ? » Lonny dit : « Aller ! Tu la verra plus tard ! » Jimmy, embarrassé, finit de se changer sans rien dire.
Il est prêt. Lonny l’enlace en pleurnichant : « Tu en peux pas m’abandonner comme ça ! » Jimmy, rouge, proteste : « Mais… » Derrière eux, Chazz, air très calme et innocent, penche un peu la tête, dit : « Excuse-moi… »
Changement de point de vue : c’est Chazz qui est au premier plan. Dit : « est-ce que c’est ta petite amie ? » Jimmy la regarde avec des yeux ronds, pétrifié. Lonny, toujours accrochée à lui, la regarde l’air surpris et blessé, et dit : « Non mais… » Jimmy dit : « Non, pas du tout ! »
Chazz s’approche d’eux, regardant Jimmy droit dans les yeux, et dit : « Tant mieux. Parce que vu qu’on n’a pas vraiment mis les choses au clair tous les deux… »
Chazz s’approche encore plus, touche légèrement la joue de Jimmy, qui est complètement hypnotisé. Toujours accrochée derrière, Lonny est à moitié coupée par le cadre. Elle a l’air blessée et furieuse. Chazz dit : « Est-ce que ça te tenterai qu’on sorte ensemble ? Officiellement, je veux dire » Jimmy : « Oui, bien sûr ! »
Cadre plus large, on voit les autres joueurs et les filles qui les regardent, l’air très intéressés. Lonny, debout derrière Jimmy, reste plantée là, choquée.
Chazz passe son bras autour de la taille de Jimmy, sourire de victoire aux lèvres. Lui aussi lui sourit. Elle dit : « On y va ? »
Ils sortent du vestiaire, Jimmy a mis son bras autour des épaules de Chazz, ne regarde qu’elle. Autour d’eux, la plupart des autres ont repris leurs activités et discutent entre eux, deux types sourient à Jimmy, l’un d’eux lui fait un signe de victoire et l’autre dit : « A la prochaine, t’as fait du beau boulot ! ». Au fond, Lonny a plus ou moins repris contenance et fait comme si de rien n’était. Deux de ses amies lui parlent, l’air compatissant.
Chazz et Jimmy, de dos, sont en train de passer la porte. Chazz se retourne discrètement et regarde Lonny avec un sourire narquois.
Planche 30
Sortis sur le parking, autour la foule de parents et d’élèves se disperse lentement, beaucoup de gens discutent. Chazz a lâché Jimmy et s’étire un peu devant lui, dit : « Alors, qu’est-ce qui te tente ? » Jimmy la regarde, en souriant, les mains dans les poches, dit : « Comme tu veux »
Cadre plus serré sur Jimmy et Chazz, Jimmy pense « Non, il faut que je sois plus décidé » Dit : « On peut aller au parc. C’est juste à coté ». Chazz : « Ok »
Les scènes suivantes se passent dans un parc assez joli, on voit que c’est l’automne, il y a des feuilles mortes par terre mais les arbres ne sont pas encore nus. Il y a quelques graffitis sur les statues et les bancs et des poubelles qui débordent. Les plantes sont magnifiques et les reflets du ciel sur le petit plan d’eau aussi.
Cadre sur Chazz et Jimmy, vue de devant, haut du corps. Ils marchent en se tenant la main. Chazz est perdue dans ses pensée. Pensée : « Dans quoi je me suis embarquée… Il va finir par tout découvrir et je vais devoir le tuer. » Jimmy a l’air un peu préoccupé aussi. Il dit : « Chazz ? »
Cadre plus large (on voit bien le jardin derrière), vu de coté. Chazz se retourne vers lui et le regarde, dit : « Oui ? » Jimmy, sérieux, dit : « Tu sais, ça compte beaucoup pour moi ce que tu m’as demandé tout à l’heure. C’est vrai qu’on ne se connaît pas depuis très longtemps mais je t’aimes beaucoup… en fait, je t’aime énormément. »
Cadre plus resserré. Chazz l’a lâché et a mis ses mains sur ses hanches, pose décontractée. Elle a l’air paisible mais on voit à ses yeux que ça lui fait plaisir. Jimmy a l’air de se jeter à l’eau et d’avoir peur de sa réaction, dit : « Seulement, il y a tellement de choses sur toi que je ne sais pas ! Enfin, je connais tes goûts, je sais ce que tu penses de certaines choses, mais vraiment rien sur ta vie à toi. »
Vu de dos, Jimmy premier plan, Chazz s’éloigne un peu en disant : « Bah, c’est le mystère qui fait mon charme ! » Jimmy dit : « Pas du tout. Le mystère, ça fait ta classe. »
Vue de face, Chazz au premier plan, Jimmy derrière, dit : « Ce qui fait ton charme, c’est que tu es vraiment adorable. » Chazz bloque, complètement déstabilisée, rougit, yeux écarquillés, bouche ouverte. La pose est naturelle mais adorable quand même.
Chazz se retourne vers Jimmy. Elle s’est ressaisit mais est toujours un peu rouge. Air timide. Pensée : « Mais comment tu veux que j’arrive à te sacrifier si tu me sors des trucs pareils ! » Jimmy, air de se défendre, dit : « Je sais que tu ne veux pas que je me mêle de ta vie et je le respecte, mais je ne connais même pas ton nom complet ! »
Chazz, grand sourire soulagé, une main dans les cheveux, regarde sur le coté. Jimmy sourit aussi, soulagé.
Chazz, air sérieux mais regard qui se marre, tend la main à Jimmy et dit : « Chastity Freewing, enchantée ». Jimmy lui serre la main, sourit toujours.
Cadre plus rapproché, ils se font face et se regardent dans les yeux. Chazz explique, avec un petit sourire : « Et avant que tu ne te moques de mon prénom sache qu’il m’a été donné par ma mère qui est morte quand j’avais treize ans. Il est ridicule et impossible à porter, mais j’y tiens quand même. » Jimmy dit : « Je comprends. »
Ils se mettent à marcher l’un à coté de l’autre. Jimmy regarde Chazz, curieux, Chazz regarde devant elle et rigole. Jimmy : « Et maintenant tu as quel âge ? » Chazz : « Tu veux mon signe astrologique aussi ? »
Planche 31
Ils marchent toujours, le décors change un peu quand même. Chazz pensée : « Allez, c’est l’heure du p’tit mensonge. » Dit : « En fait, je suis tout simplement une riche héritière qui vit seule. Je n’ai plus de famille, pas beaucoup d’amis, je ne vais pas en cours et j’ai trop de temps libre, alors je fais quelque bêtises parfois… »
Cadre resserré sur eux, elle le regarde et lui dit : « Pas trop déçu ? » Jimmy lui sourit, dit : « Je suis content que tu me fasses confiance »
Vue en pied, Jimmy la serre dans ses bras, air sérieux et protecteur, elle a les yeux fermés. Pensée Chazz : « En fait, c’est toi qui es adorable… mon petit ange innocent. »
De nuit, dans la rue, Chazz est habillée en noir assez sobrement. Pensée : « Avec tout ça j’ai pas dormi moi ». Voix off : « Je n’ai pas beaucoup de contacts dans la police et je m’en passe autant que possible, mais dans mon métier un minimum de mouchards sont indispensables. »
Elle s’approche d’un homme qui ressemble à n’importe qui et fume une cigarette en sortant son chien. Voix off : « Spirelli ne ressemble pas aux autres flics : pour qu’il me trahisse, il ne suffirait pas que le vent tourne, il faudrait aussi que la police le paye au moins 10 000 dollars. »
Cadre sur Chazz et Spirelli, à hauteur de torse. Spirelli : « Bonjour mademoiselle Chazz. » Chazz : « Salut. Quoi de neuf ? » Voix off : « Je l’ai testé, et quelque soit la personne qui veut l’acheter, il ne me vendrait pas pour moins que ça. »
Vue sur Spirelli, dit : «Rien t’intéressant, sans quoi je t’aurais contactée. ». Voix off : « Venant d’un type que je paye 500 dollars par mois plus des primes occasionnelles, ça m’a flattée. Il pense que je suis un cheval gagnant. »
Cadre sur les deux. Chazz est impassible, Spirelli a un sourire complice, dit : « A moins que tu viennes pour me raconter des trucs à moi ». Voix off : « Etre assez malin pour se faire de l’argent sans être assez gourmand pour que ce soit dangereux, c’est un art difficile que ce type maîtrise parfaitement. »
Cadre sur Chazz, toujours impassible, dit : « Tu sais que les chefs des familles et ceux des gangs vont se réunir ? »
Cadre Spirelli, l’air effrayé et un peu gêné, ne la regarde pas dans les yeux, dit : « Il paraît, mais c’est beaucoup trop gros pour moi tout ça, je ne sais rien. »
Cadre sur les deux, en entier. Spirelli regarde son chien, Chazz regarde Spirelli, l’air gentille. Chazz dit : « Je sais. J’aimerai simplement éviter qu’un de mes clients ne se fasse descendre trop vite, je n’ai pas encore rempli le contrat. »
Cadre sur Spirelli qui la regarde, yeux pleins d’espoir, petit sourire entendu, dit : « Tu te fais toujours payer après ? C’est peut-être pour ça que tu travailles dans la cour des grands maintenant… »
Cadre sur Chazz, sourire satisfait, toujours aussi relax. Regard impénétrable. Dit : « Je sais que c’est au-dessus de ton niveau, mais est-ce que tu pourrais faire passer le mot ? Juste prévenir que quelqu’un veut le tuer à cette réunion. »
Spirelli regarde son chien, plutôt content, dit : « Ce n’est quand même pas ton genre de protéger un client qui ne t’as rien demandé… »
Chazz dit : « Un des invités veut se charger du travail lui-même plutôt que de le confier à un professionnel. Ce genre de chose est mauvais pour les affaires de tout le monde. Chacun son boulot. »
Planche 32
Cadre sur Spirelli, qui hoche la tête et dit : « Je transmettrai »
Cadre sur les deux, on voit assez bien la rue derrière. Ils regardent tous les deux le chien de Spirelli. Spirelli dit : « Pas de nom ? » Chazz dit : « Il vaut mieux pas. Et je ne t’ai jamais parlé. Qu’il se méfie, c’est tout. »
Cadre sur Chazz qui s’éloigne, avec Spirelli au premier plan qui lui fait un signe de la main et dit : « Au revoir ! » Chazz est à moitié tournée vers lui et dit : « A très bientôt je pense »
Les case * sont organisées autour d’une case ‘voix off’ qui dit : « La rumeur est une arme délicate à manier et impossible à maîtriser totalement. Je l’utilise rarement. Mais ce contrat est une occasion spéciale, qui mérite des efforts spéciaux. »
* Chazz est dans un garage, entourée par un gang de motard habillés et maquillés assez punk. Tout le monde la regarde, l’air assez hostile. Elle s’explique : « Je me permet de me faire un peu de pub, puisque je sais que certains chefs vont profiter de la réunion pour régler des comptes, je pourrais vous aider à en faire autant… »
* Chazz est dans un bar assez sordide, en train de rire et de boire avec une femme au visage ravagé. Elle dit : « Naaaan, t’inquiète, même à la réunion top-secrète machin là ils vont tous être sage et personne ne va tuer personne ! »
* Dans un grand restaurant très chic, Chazz prend le serveur à part et lui dit : « Il paraît que ton patron aimerait ne pas venir à la réunion… certaines personnes aimeraient savoir pourquoi et sur qui exactement se portent ses soupçons… »
* Dans un cyber-café, à coté de plusieurs jeunes qui jouent à un jeu apparemment très excitant, Chazz envoie un mail : « A : Daiquiri, De : Kira. Demande toutes infos sur éventuel assassinat, menace, chantage, violence prévus ou redoutés de réunion spéciale. 1 500$. Urgent. »
* Dans la rue, Chazz téléphone en tournant le dos à trois sdf qui l’écoutent très attentivement. Dit : « Je t’assure, il y en a un qui va en profiter pour le buter ! Je peux pas te dire qui au téléphone, je suis même censée être au courant qu’ils vont se réunir, mais… »
* Dans un entrepôt occupé par des hommes plus ou moins habillés en militaires, beaucoup d’occupent d’armes. Chazz, au premier plan, attitude de défi, parle à un homme qui la regarde avec mépris, les bras croisés. Elle dit : « Colonel, la sécurité du site a beau être parfaite, si l’un des invités décide de d’agir… »
Chazz, dans sa voiture, sourire satisfait, pense : « Maintenant que je leur ai bien mis la pression, ils devrait tous réagir comme prévu»
Planche 33
Chazz, chez elle, dans une petite pièce carrelée qui lui sert de laboratoire : on voit des fioles, un microscope, du matériel électronique et des explosifs sous différentes formes. Elle ouvre un tiroir contenant plusieurs tubes. Pensée : « Je ne devrais pas faire ça. Elle connaît Jimmy. J’ai réussi à le convaincre que je suis une gentille fille. Je ne devrais pas jouer avec le feu. »
Gros plan sur sa main qui prend un petit tube marqué vitriol. Pensée (hors cadre) : « En plus je perds mon temps. J’ai un contrat très important sur le feu et tout doit être réglé au millimètre. »
Elle marche dans les couloirs du lycée. Elle est habillée assez classe, avec une longue veste à la Matrix. Pensée : « Alors, où se planquent les pompoms ? »
Elle entre dans le gymnase où répètent les pompoms girls et va vers l’entraîneuse.
Plan plus serré sur Chazz et l’entraineuse, qui crie : « Lonny, viens par là, ta cousine veut te parler ! »
Elles sortent toutes les deux du gymnase et sont dans un couloir désert, Lonny est méprisante, Chazz calme et détendue. Pensée Chazz : « Je n’aurais jamais imaginée être aussi jalouse… ça craint. » Lonny dit : « Alors, qu’est-ce que tu me veux ? »
Chazz plaque Lonny contre le mur et lui serre la gorge, tout en sortant le tube de sa poche. Elle a l’air très calme, Lonny est plus stupéfaite que terrifiée. Chazz dit : « Jimmy c’est mon mec et tu vas lui foutre la paix. Tu vois, c’est tellement simple que même toi tu devrais comprendre du premier coup. »
Cadre sur Lonny, qui s’accroche au bras de Chazz, air horrifiée et furieuse. Dit : « Non mais tu crois que tu me fais peur ? Espèce de malade ! »
Même cadre, Chazz a appliqué le tube (sans son couvercle) sur la main de Lonny qui hurle et a très mal.
Cadre sur Chazz et Lonny, on voit les deux en entier. Chazz a lâché Lonny qui se recroqueville sur elle-même en serrant sa main et en pleurant. Chazz regarde sur les côtés avec un petit sourire. Pensée : « Sympa l’ambiance du lycée, elle gueule comme un putois et personne ne bouge.». Lonny dit : « Espèce de pute »
Chazz met les mains dans ses poches et dit : « C’était du vitriol. Un joli mot pour dire “acide sulfurique”. La prochaine fois que tu t’approches de Jimmy je t’en jette une bonne dose sur le visage et il va fondre. Très douloureusement. » Lonny la regarde avec haine.
Chazz s’éloigne. Cadré hauteur de Lonny, on voit juste les jambes de Chazz devant. Chazz dit (hors cadre) : « Et bien sûr Jimmy me croira moi. » Lonny crie : « Mon père va te tuer, salope ! »
Planche 34
Cadré torse Chazz. Elle s’est à moitié retourné et regarde Lonny à terre, air dur. Dit : « Tiens donc ? Et c’est qui ton père ? »
Lonny s’est relevée et fait face à Chazz. On voit qu’elle a pleuré, mais là elle a l’air de quelqu’un qui savoure sa victoire, avec un petit sourire cruel en prime. Chazz est toujours impassible et dure. Derrière elles, on voit un élève qui passe le plus loin possible et les regarde, apparemment terrorisé. Lonny dit : « Elias Brown ». Voix off : « Elias Brown blanchit l’argent de la drogue dans trois secteurs de Hellcity. Un type prudent, méthodique et pas très ambitieux. »
Gros plan bas du visage de Chazz, elle a un début de sourire.
Cadre torse Chazz, pose très relax, sourire éclatant et yeux froids. Dit : « Et bien tu diras à ton père que Chazz, fille de personne, veut que tu laisses son mec tranquille. Et on verra après s’il est prêt à prendre le risque de me faire descendre pour tes beaux yeux. »
Chazz, seule, marche dans les couloirs du lycée. Pensée : « Bon ça c’est fait. Je vais passer voir Jimmy ça lui fera plaisir. Et ce soir il faut qu’Erwann ait les photos accusant Lim … faut que je prévois aussi un truc pour que Jimmy soit prévenu si je me fais tuer. »
Dans un escalier, a sortit son portable. Pensée : « En fait, avoir un petit ami ça demande beaucoup d’organisation. »
Voix off : « Ce qu’il y a de bien, dans mon métier, c’est qu’on fait de tout »
Chazz, habillée tout en noir, la nuit, est en train de charger quelque chose sur un ordinateur. Toutes lumières éteintes, elle porte une cagoule et des lunettes infra-rouge. Voix off (en bas image) : « Cambriolage »
Chazz, dans une pharmacie, en blouse blanche, en train de transvaser de pilules d’un flacon à l’autre. Derrière elle on voit le comptoir et les clients. A coté d’elle une fiche d’ordonnance au nom de Heidi Dwarfish. Voix off : « Médecine »
Dans un sous-sol bétonné lugubre, elle montre comment fonctionne un petit appareil à deux types déguisés en men in black, lunettes noires compris, qui sont assez marrant mais surarmés. A leur pied une mallette. Voix off : « Vente de prototype »
Sur le toit d’un immeuble, un type assommé à ses pieds, elle prends des photos d’un immeuble très haut standing en face. Voix off : « Paparrazzi »
Dans une ruelle déserte elle tire sur quelqu’un. La scène se passe presque entièrement à contre jour, on voit très peu de détails. Voix off : « Et même tueuse gratis… certaines victimes ne servent qu’à remplir d’autres contrats, c’est comme ça. »
Chez elle, devant son ordinateur, habillée très relax. Pensée : « Tout est fin prêt et il me reste deux semaines avant la date… Je suis vraiment trop forte. »
Planche 35 :
Couchée par terre devant son bureau (mêmes fringues que case précédente), des papiers étalés devant elle, Chazz pensée : « Bon, ok, je n’ai pas grand mérite… Ce sont les plus puissants criminels de la ville, je savais que j’allais les avoir pour cible tôt ou tard, donc j’ai déjà fait des recherches. En plus beaucoup sont d’anciens clients. »
Chaque case * montre un plan cadré au torse de la personne décrite par la voix off, dans son environnement habituel.
* grand, costaud, tatoué, plein de cicatrices. Voix off : « Dreck, chef de la coalition de tous les petits et grands gangs de la ville. »
* vieux et rusé, genre tremblant et faible, les yeux durs, sourire cruel. Voix off : « Mr Midwok, banquier de tout ce beau monde. »
* Assez gros, musclé, grand, tatouage qui ressort sur le visage. Voix off : « Mr Cabide, import-export vers l’Amérique du sud, traverse sans problème le mur du Mexique et autres embargos. »
* femme petite et potelée, habillée comme l’as de pique. Voix off : « Mrs Lo, dirige des laboratoires top-secret dédiés à la fabrication et l’invention de nouvelles drogues, et parfois d’armes bactériologiques. »
* assez petit et mince, très nerveux, visage très expressif, crâne à moitié rasé, aigle tatoué sur la partie rasée, costard cravate impeccables. Voix off : « Eagle, dirige la distribution de drogue et la totalité des trafics passant par les prisons. »
* la quarantaine, type totalement insignifiant quand on le croise dans la rue, limite transparent. Voix off : « Mr Gaia, contrôle totalement le centre-ville et tout ce qui s’y passe. »
* femme habillée en militaire, coupe très stricte, visage dur. Voix off : « Le Général, vendeuse d’arme et de formation militaire, réputation internationale, fournit aussi des mercenaires si on lui demande gentiment. »
* femme obèse, regard méprisant. Voix off : « Mrs Erwann, éminence grise de la plupart des politiciens espérant arriver au pouvoir un jour. »
* homme très sérieux, costard noir et lunettes noires, immense, impassible. Voix off : « Mr Jones, sait s’arranger pour que les entreprises clandestines n’aient pas d’ennui avec la loi, travaille un peu partout dans le monde. »
* femme grande et musclée, habillée de manière voyante, cheveux colorés, des tonnes de bijoux. Voix off : « Mrs Dwarfish, arnaqueuse de banques et autres malversations financières, espionnage industriel, cambriolage de haut vol »
* homme grand et maigre, grandiloquent. Voix off : « Mr Strathcona, un type de la vieille école : racket, tripots clandestins, courses truquées, possède des taudis qu’il loue trois fois leur valeur, etc… Bref, toutes les broutilles de la ville, ce qui au total pèse son poids. »
* homme calme et paternel, bien habillé. Voix off : « Mr Reiya, dirigeant d’une secte dont les différentes branches peuvent rendre des services variés, et qui contrôle également le show-business. »
* jeune, discret, assez musclé. Voix off : « Mr Lim, le meilleur réseau de prostitution toutes catégories confondues. »
Case longue, on voit un bateau à moteur assez sophistiqué que un quai privé. Voix off : « Tout ce beau monde sera seul et sans arme à bord du Nautilus qui sera soigneusement inspecté par des hommes fidèles de chaque invité. Il est bourré d’assez de gadgets pour rendre toute arrivée de l’extérieur impossible, torpilles comprise. Pas de pilote électronique qui pourrait se pirater. Le top du top de la sécurité. »
Planche 36
Chazz et Jimmy marchent dans la rue, Chazz tiens Jimmy par le bras, elle a l’air pensive et très calme, Jimmy a juste l’air content. Voix (hors cadre) : « Chazz ? »
Plan plus rapproché Chazz qui redresse la tête, surprise et pas vraiment ravie.
On voit, en face d’elle, un homme d’environ la trentaine, très négligé, maigre, yeux cernés et injectés de sang, qui a un sourire énorme et ouvre les bras comme pour leur faire câlin à tous les deux. Il dit : « Chazzy ma toute belle ! Comme t’as grandi ! »
Vue sur les trois, Jimmy un peu entre l’homme et Chazz, regarde Chazz l’air intrigué. Le type se rapproche, toujours enthousiaste. Chazz a l’air moitié hostile moitié ‘au secours sortez-moi de là’. Pensée : « Merde, comment je peux m’en débarrasser ? S’il parle à Jimmy je suis mal ! ». Le mec dit : « C’est moi Dan ! »
Chazz esquive l’embrassade et lui serre la main, petit sourire à la ‘toi tu me le paiera’, dit : « Je t’avais reconnu, ne t’en fais pas. » Pensée : « Il faudrait que je le tue mais pas sous le nez de Jimmy ». Chazz dit : « Mon pauvre, tu as l’air dans un sale état. Tu veux un coup de main ? Je suis sûre que je peux te dépanner de 500 dollars. » Dan sourit et dit : « Ma foi… »
Vue des trois, Chazz au milieu, fait les présentations : « Lui c’est Jimmy, mon copain. Je te présente mon ancien baby-sitter, qui s’occupait de moi quand mon père était en voyage d’affaire, quand j’avais 5-6 ans. » Jimmy sourit et dit : « Bonjour ». Dan sourit toujours trop et dit : « Salut mon gars ! »
Jimmy dit : « On allait déjeuner, tu veux venir avec nous ? » Chazz dit : « Je t’invite » Dan dit : « T’es un ange Cherry ! »
Jimmy pars devant, Chazz passe discrètement un billet à Dan et lui chuchote : « Je suis une riche héritière et mon père t’as viré quand il su que tu te droguais, vu ? » Dan chuchote : « Ça marche princesse ! »
Ils s’assoient dans un resto à l’américaine, tables en inox et steak omniprésents sur les tables, Chazz à coté de Jimmy, Dan en face. Jimmy dit : « Vous vous occupiez souvent de Chazz ? Comment elle était ? » Dan dit : « Adorable ! Et toujours à sortir des trucs trop fort pour son âge. »
Dan et Jimmy ont l’air très intéressés par leur conversation, Chazz est assise plutôt en arrière, petit sourire secret, regard perdu dans ses pensées. Dan dit : « Ses parents étaient toujours très pris, alors je me suis beaucoup occupé d’elle. » Chazz pensée : « Ça c’est le moins qu’on puisse dire… »
Image en noir et blanc. Voix off : « De tous les parasites qui ont vécu de l’argent de ma mère, Dan était mon préféré » Dan à 20 ans, cheveux longs et piercings, sourire gentil, sur un vieux canapé, serre contre lui une Chazz de 5 ans (cheveux courts) qui a l’air un peu triste et suce son pouce. Il dit : « Ta maman n’a pas le temps de jouer avec toi, ma puce, tu sais qu’elle est fatiguée après son boulot. Tu veux qu’on fasse un jeu tous les deux ? »
Planche 37
Images * sont en noir et blanc.
* voix off : « Tout ce que Dan savait faire de sa vie c’était jouer à la console, se droguer et être gentil avec tout le monde tant que ça ne l’obligeait pas à se lever. » Même canapé, Dan est en train de se rouler un joint en disant : « T’es la meilleure Cherry ! » Chazz a l’air très concentrée sur l’écran, une manette de console entre les mains.
* voix off : « Moi, ça me suffisait amplement » Toujours sur le canapé, ils sont assis en tailleurs l’un en face de l’autre. Entre eux et autour d’eux, des cahiers, des livres, et un cartable vide. Dan caresse la tête de Chazz en disant « Bien joué fillette ! On va faire de toi quelqu’un un jour ! » Chazz sourit, toute fière et embarrassée.
Chazz a mis sa tête sur son poing, regarde Dan, l’air assez contente, et dit : « Tu te souviens de la fois où tu m’as teint les cheveux en rouge ? » Dan rit, plus naturel qu’avant, et dit : « Je voulais obliger ta mère à utiliser ton surnom* ! » Note en bas de page : « *Cherry = Cerise »
Arrière-plan, Jimmy et Dan continuent à discuter. Premier plan, Chazz se re-perd dans ses souvenirs. Jimmy dit : « Elle devait être trop mignonne ! » Dan dit : « Elle était surtout furieuse ! Elle avait déjà un sacré caractère la môme ! »
* Voix off : « Maman acceptait qu’il vive à ses crochets, au moins il me gardait. Elle n’avait plus la force de s’occuper de moi. Elle me parlait de moins en moins. » Dan et Chazz sur le canapé, Dan concentré très excité sur sa console, Chazz tiens un livre ouvert sur ses genoux mais tourne la tête vers sa mère, qui est dans l’embrasure de la porte. Chazz a l’air en attente mais avec quelque chose de résigné et de triste. La mère s’était arrêtée pour les regarder mais tourne la tête pour éviter le regard de Chazz. Elle a l’air fatiguée, a le visage dur et marqué, et porte une tenue de travail. Dit : « Je suis fatiguée, je vais me reposer. Mangez sans moi. »
* voix off : « Elle avait besoin d’un mec plus solide, qui la protège et veille sur elle. Donc elle a viré Dan. Sauf que le mec plus solide la faisait travailler plus dur. Elle était plus fatiguée. Elle en a pris un autre. Qui l’a fait travailler encore plus. Et ainsi de suite. » Chazz plus âgée (environ 10 ans, cheveux un peu plus long) assise sur le canapé, écouteurs sur les oreilles. Autour d’elle, pas mal de désordre dont des restes de fast-food, un ou deux cafards.
* voix off : « Je crois vraiment qu’elle voulait que j’ai une vie meilleure que la sienne. Mais sur la fin, elle n’avait même plus le courage de croiser mon regard. Elle avait baissé les bras sur toute la ligne. » Chazz à 10 ans croise sa mère dans l’escalier, dans les bras de son maquereau du moment. La mère a un regard complètement éteint et ignore sa fille. Elle est à moitié écroulée dans les bras du type. Chazz regarde très froidement le type, qui en fait autant.
Ils se lèvent. Chazz dit : « Dan, tu veux que je te raccompagne ? » Dan dit : « Non, ne te gêne pas pour moi et profite de ton copain. Par contre si tu pouvais me dépanner… »
Cadré sur Chazz et Dan qui se font face, Chazz dit : « Tant qu’à parler argent, autant le faire seul à seule, non ? » Elle a l’air sûre d’elle, Dan sourit mais regard vaguement paniqué. Dan dit : « Oui, bien sûr »
Dehors, Chazz dit à Jimmy : « Tu n’aura pas de problèmes pour rentrer ? » Jimmy embrasse Chazz et lui dit : « Ne t’en fais pas pour moi et profites-en ». Jimmy pensée : « Elle veut sûrement lui parler de ses parents sans que je m’en mêles »
Jimmy s’éloigne vers la gauche image, sourit et fait salut de la main. Chazz s’éloigne dans l’autre direction, fait le même geste. Un peu plus loin, Dan les regarde en ricanant un peu.
Cadre torse Chazz et Dan. Elle l’a attrapé par le bras et sourit assez méchamment, dit : « En route camarade ! On doit se mettre d’accord sur pas mal de points avant que je te relâche. »
Planche 38
Devant la voiture de Chazz, elle ouvre la portière passager et la désigne en disant : « Grimpe. » Dan regarde la voiture, l’air admiratif et cupide.
Dans la voiture, vu depuis siège arrière. Chazz est en train de s’asseoir. Dan dit : « T’as l’air d’avoir bien réussi dans la vie » Chazz dit : « Assez pour me faire passer pour une riche héritière et assez pour payer ton silence. »
Vue de devant. Ils roulent, Chazz est concentrée sur sa conduite, impassible, Dan la regarde avec un petit sourire un peu triste et dit : « T’as pas changé. Normal que tu te débrouille aussi bien. Une fille dure dans un monde dur. »
Vu coté Chazz (Dan en arrière plan), elle a un petit sourire un peu triste aussi. Elle dit : « Tu savais déjà que je serais comme ça ? » Dan dit : « Disons que je m’en doutais »
* Dan à 20 ans sur le canapé, Chazz à 5 ans sur le pas de la porte dit : « Pourquoi elle pleure maman ? » Dan dit : « Heu, parce qu’elle est triste, ma puce. Mais ce n’est pas ta faute tu sais. Elle en a juste un peu marre de pas mal de trucs ». Chazz ne montre aucune émotion, Dan a l’air embarrassé.
* Cadre serré sur Chazz, regard froid, toujours aucune émotion, dit : « Pleurer ça ne sert à rien. Elle devrait le savoir.»
Chazz dans la voiture, exactement même cadre et même expression, dit : « Tu as besoin de combien ? »
Vue de l’arrière. Dan a croisé les bras derrière sa tête et lève les yeux vers le plafond. Dit : « Et bien, vu qu’on est de vieux copains… » Chazz tourne un peu la tête vers lui, amusée, dit : « Accouche. Je n’ai pas envie de devoir repasser à la caisse parce que tu veux ménager ton orgueil. Combien tu dois et à qui ? »
Cadre sur Dan qui a un sourire un peu penaud, dit : « En tout, 100 000. 25 pour Archie. Mais je ne te demande pas tout, je veux dire, j’ai rien à offrir en échange.»
Vu du coté de Dan, dit : « A moins que tu tiennes à ce point à ce que ce Jimmy ne sache rien… » Chazz, au second plan, tressaille et fait la grimace.
Vue de devant cadré sur Dan, qui la regarde en riant, regard un peu surpris : « Mince alors, c’est pour ça que tu m’offres du fric ? Pour ce type ? »
Cadre sur Chazz, regarde fixement devant elle, embarrassée et un peu rouge. Dan (hors cadre) : « J’aurais jamais cru ça d’une fille comme toi » Chazz pensée : « Moi, je n’aurais jamais cru que je n’arriverai même pas à le cacher. »
Planche 39
La voiture est arrêtée dans une rue. Chazz dit : « Attends-moi là, je vais chercher l’argent»
Vu depuis la banquette arrière, Chazz remonte dans la voiture, elle tiens un sac à dos à la main qu’elle pose sur les genoux de Dan. Dan lui dit : « Tout ? » Chazz dit : « Ça on va le négocier dans un coin tranquille. »
Cadre Dan, dit : « Tu sais, je suis content que tu te sois trouvé quelqu’un »
Vue de l’avant, on voit les deux. Dan a l’air sincère, Chazz n’a pas d’expression particulière. Dan dit : « En plus il a l’air gentil ce type. C’est chouette que t’en sois bien sorti. Je me faisais du soucis pour toi. »
Vue coté Chazz. Dan dit : « J’aurais préféré te revoir sans rien te demander. » Chazz dit : « Tu as appris pour ma mère ? »
Vue de devant, cadré sur Dan, pas d’expression, dit : « Elle a été tuée par son client, c’est ça ? »
Cadré sur Chazz, imperturbable aussi, sors une cigarette, dit : « Ses clients. Ils se sont éclatés. »
La voiture entre dans un garage désert.
Ils sortent de la voiture. Dan dit : « Tu sais, je suis vraiment désolé pour elle. Elle méritait pas ça. » Chazz dit : « Hum hum. » Elle a récupéré son sac à dos et fouille dedans.
Dan dit : « Bon et pour le fr… héééééé ! » Chazz lui colle deux bracelets métalliques aux poignets.
Les bracelets collent Dan contre le mur d’un noir mat (magnétique ou un truc comme ça). Chazz le regarde, un peu triste. Dan a très peur et hurle : « Putain mais qu’est-ce que tu fous ? »
Gros plan sur le sac, Chazz en sors une grosse seringue et un tube contenant un liquide blanc. Elle dit (hors-cadre) : « Je m’assure de ton silence »
Planche 40
Chazz et Dan, cadrés torse. Chazz plante la seringue dans le tube. Visage fermé. Dan tente de décoller les bracelets du mur, il transpire, visage furieux et paniqué, hurle : « Putain non fait pas ça ! Je dirais rien, je te jure, je ne dirai rien à personne ! »
Vus de l’autre coté. Dan crie : « Et de toutes façons je sais rien ! Je sais juste que tu as du fric ! N’importe qui peut avoir du fric, c’est pas un crime ! J’ai rien à dire à personne je te jure pitié Chazz ! »
Cadré sur Chazz, vue de face, dit : « Tu sais que je suis capable de commettre un meurtre. Tu sais qu’une équipe très célèbre de tueurs à gage bossent en utilisant une certaine mademoiselle Chazz comme contact. Tu sais additionner deux et deux. Le tout donne une info qui peut te rapporter une fortune. Et personne ne peut te faire confiance, pas même toi. »
Cadre Dan, qui pleure et dit : « Je t’en supplies, on était amis, ne me fait pas ça à moi, pas à moi, je t’ai traitée comme ma fille, je t’aimais, ne me fait pas ça… »
Cadre (plus large) Chazz, tiens la seringue à la main, hésite. Voix off : « C’est vrai. Et si j’avais pu partir avec lui, je l’aurais fait sans hésitation. J’aurais donné n’importe quoi pour qu’il soit mon vrai père. Ou simplement pour qu’il m’emmène. Pour qu’il me sauve. »
Chazz se penche vers Dan et lui met la main sur le cou. Il pleure et crie toujours. Voix off : « Je ne lui en veux même pas de ne pas être venu. De toutes façons, je me suis débrouillée. Quand ma mère est morte et que son mac a voulu que je la remplace, je l’ai tué. C’était mon premier meurtre. Dan en aurait été incapable. » Chazz dit : « C’est de la Weslirf, tu sais. »
Dan et Chazz se regardent droit dans les yeux, Chazz lui tient toujours le cou. Dan est un peu calmé mais toujours désespéré. Chazz est triste et décidée. Dan dit : « De la pure ? » Chazz dit : « La plus pure. Dix fois la dose. Tu vas décoller plus haut que tu ne l’as jamais fait. »
Petite case : gros plan sur les yeux de Dan, qui les détourne, hébétés et avides, avec encore des traces de larmes.
Petite case : Gros plan sur le cou de Dan, que Chazz lisse d’une main, tandis que de l’autre elle plante la seringue.
Cadre sur les deux, entiers. Dan est affaissé, tête baissée, un filet de bave coule. Chazz le regarde, triste. Pensée : « Je ne pouvais pas faire autrement. Il connaissait mon passé, mon point faible, et mon rôle dans les contrats. Ce n’est pas de la vengeance, c’est juste pour me défendre. J’aurais vraiment préféré ne pas le tuer. » Elle dit : « Je ne t’en veux pas, tu sais »
Même cadre, mais cette fois tous les muscles de Dan sont tendus, son corps est arc-bouté, ses yeux exorbités, il hurle : « RRRRRRRAAAAAAHHHH !!! » Chazz, toujours impassible, appuie sur une télécommande, pensée : « Pourquoi je me fatigue ? Il n’est pas en état de m’entendre ».
Elle traîne le corps de Dan jusqu’à une pièce entièrement métallisée, derrière une des portes de garage en train de s’ouvrir. Pensée : « Et si ça avait été ma mère… Est-ce que j’aurais pu ?»
Appuyée contre le mur (la porte du garage est refermée), pensive, pensée : « Qui sait… »
La porte ouverte, cadre plus serré, Chazz accroupis commence à ramasser un tas de cendre et à les mettre dans un sac en plastique. Pensée : « Une fille dure dans un monde dur. Disons que je suis très adaptée à mon environnement. »
Planche 41
Chazz surexcitée, chez elle, en train de tourner en rond. Voix off : « C’est aujourd’hui que le contrat se remplit ! »
Vu par-dessus son épaule, elle regarde sa montre. Pensée : « Ils sont en train de finir leur première réunion »
Images * : on voit la pensée de Chazz hors cadre, histoire d’avoir ce qu’elle pense en même temps qu’on voit les évènements se dérouler.
* Chazz : « Dreck va mettre sa musique. Première surprise pour tout ce petit monde. » Dreck est en train de régler une chaîne hi-fi. Il est seul dans une grande salle.
Sur le pont, grand bruit de coups de feu et de hurlement. Cabide et Jones se précipitent vers le bruit, Cabide en tête, Lo reste en retrait, effrayée. Cabide a attrapé un (n’importe quel machin contondant et menaçant qu’on peut trouver sur un bateau).
Le bruit s’est arrêté. Cabide déboule dans une salle et menace Midwok du geste, tout en demandant : « Qu’est-ce qui s’est passé ? D’où ça vient ? » Derrière lui, Jones est menaçant par sa seule stature (il ne peut même pas passer la porte sans se pencher). Midwok a l’air très effrayé et dit : « Qu’est-ce que vous êtes en train de faire ? Vous êtes fou ? »
* Cabide s’est trop avancé vers Midwok qui lui fait une prise assez compliquée et lui brise la nuque. Jones (gauche image) s’élance vers eux. Chazz : « Et oui, quand on met ensemble des gens paranoïaques, dangereux et sachant bien se battre, il est normal d’avoir un certain nombre de regrettables accidents… »
Cadre serré Midwok, qui commence à tourner la tête et se prend un énorme coup de poing de Jones (hors cadre, à part son bras : vu comme si on était à sa place).
Même cadre, Midwok gît par terre, du sang lui coule de la bouche et des oreilles. Derrière lui, Cabide est mort, la tête à angle droit du corps.
* Plusieurs autres (dont Dreck) s’approchent et tout le monde parle en même temps. Jones se justifie. Chazz : « Maintenant ils doivent être en train de s’expliquer. Dreck dit qu’il n’a pas d’arme et que quelqu’un a remplacé sa musique par un enregistrement de coups de feu. Les autres admettent que tout ça n’était qu’un malentendu. Même si la panique a fait des victimes. »
* Chazz : « Ce n’est pas indispensable pour la suite, mais j’espère bien qu’il y en a, des victimes. Histoire de rajouter encore un poil de pression. » On voit que Midwok et Cabide sont allongés par terre, Gaia et la Général les examinent.
Planche 42
* Chazz : « J’ai remplacé les médicaments de Dwarfish par un placebo et Eagle est toujours assez instable. Ils vont péter un câble. » Case longue. Les corps ont été amené sur le pont. Dwarfish est en train de vomir par-dessus bord. Eagle et Lo s’isolent de l’autre coté. Les autres sont autour des corps, Dreck est mis un peu à l’écart, la Général, Erwann et Strathcona lui adressent des regards méfiants, lui fait l’indifférent.
Eagle et Lo se disputent. Lo est totalement fermée et impassible, Eagle montre les dents et paraît complètement cinglé. Il dit : « C’est à moi de reprendre le marché de ce gros lard, vous occupez-vous de vos putains de labo, vous ne bossez même pas sur son territoire ! » Lo dit : « Mes hommes sont déjà sur place. Laissez tomber, Mr. Eagle.»
* Dwarfish se relève, les yeux dans le vague, comme si elle était en train de contempler son enfer personnel. Elle a du vomi sur le menton. Chazz : « L’avantage avec Eagle, c’est que quand il craque »
* Eagle est en train d’étrangler Lo. Chazz dit : « ça se voit tout de suite. »
Jones et la Général traînent Eagle dans un espèce de grand placard. Il a le regard terrifié par quelque chose d’intérieur. Eagle pensée : « Je suis le prochain »
Seul dans le noir, Eagle coure partout, tâte tout ce qui lui tombe sous la main. Pensée : « Je suis le prochain ! »
Sur le pont, debout, pensive, Dwarfish pense : « Je suis la prochaine »
La générale fixe l’objet vendu par Chazz dans la salle de réunion. Eclairée uniquement par une petite lampe de poche. L’appareil ressemble à une demi-sphère grise grosse comme une balle de ping-pong.
Erwann cache une enveloppe dans une des cabines. Tout est très sombre.
Chazz chez elle, se mord la lèvre, yeux brillants. Pensée : « Et maintenant, les derniers détails se mettent en place ! »
Planche 42
Gaia se tient devant le placard où on a enfermé Eagle, une clé à la main.
Dans un coin, Dwarfish a sorti une de ses broches et la tiens de façon à pouvoir se servir de la pique comme d’une arme. Plan resserré sur son visage, elle sourit tranquillement, yeux un peu fous.
Vue de l’extérieur du bateau, c’est la nuit, tout est silencieux, on voit les deux corps cachés par des draps blancs sur le pont.
Chazz, chez elle, assise en tailleurs sur un fauteuil. Elle a les mains jointes devant la bouche, elle sourit et a les yeux qui brillent. Pensée : « Maintenant, quoi qu’il se passe… si ils ont bien enfermé Eagle et qu’ils n’ont pas prévenus les secours, ils vont tous mourir. Ça peut se passer de plusieurs manières différentes. Aucune importance. Ça va marcher. »
* Gaia ouvre la porte d’Eagle et dit : « Suis-moi. Je sais qui a organisé tout ça. » Chazz : « Oui, il y a toujours un risque… »
Eagle suit Gaia et dit : « Qui ? »
* Gaia dit : « Dreck. Il a tué Morrow. » On voit le visage de Gaia, totalement neutre, avec une image en superposé : celle où Chazz tuait un type, planche 34. Chazz (toujours hors cadre) : « Juste assez pour avoir le frisson. »
* Gaia marche en tête, Eagle le suit et tiens à la main sa ceinture. Dit : « Tu veux que je t’aides contre lui, c’est ça ? » Gaia, toujours neutre, dit : « Oui. On sait tous qu’un tueur se cache parmi nous, et c’est lui. » Chazz : « Je sais »
* Gaia dit : « Mais il trop fort pour maaaaaaaargh… » Eagle l’étrangle par-derrière avec la ceinture. Chazz : « qu’ils vont tuer »
Chazz chez elle, sourire entendu, pensée : « C’est d’être si forts qui les condamne.»
Eagle traine le corps sur le pont.
Il le cache sous le drap de Midwock. Pensée : « Mr Gaia, petit cachottier, comment vous avez réussi à faire entrer ça à bord ? »
Il se redresse, un couteau à la main. La lune éclaire son visage, il a un sourire énorme et cruel. Pensée : « On avait dit "pas d’armes", Mr Gaia ! »
Planche 43
Chez Chazz, le téléphone sonne. Elle décroche, surprise, dit « Allô ? »
Eagle crochète la porte d’une cabine.
Chazz est allongée sur son canapé. Elle porte la main à son front, a l’air gênée. Dit : « Salut Jimmy. Oui ça va. » Pensée : « Non là c’est vraiment pas le moment ! »
Vue de l’intérieur de la cabine, dans le noir, on voit juste la silhouette d’un dormeur allongé et Eagle qui le poignarde.
Chazz dit : « Oui je suis un peu occupée là. » Pensée : « Mouais, occupée à imaginer ce qui est train de se passer, je suppose que mon contrat peut se passer de moi à ce stade… »
Silhouette de Eagle à contre-jour, le couteau à la main, avançant dans le bateau. Il n’y a que la lune derrière lui comme éclairage.
Case longue, on voit Chazz allongée sur son canapé, regarde autour d’elle un peu gênée, la pièce en désordre indique qu’on ne l’a pas rangée ni nettoyée depuis longtemps, il y a des restes de pizza et de plats chinois à emporter. Chazz dit : « Heu non je préfère que tu ne viennes pas, j’ai pas eu le temps de ranger » Pensée : « J’étais trop occupée à ricaner toute seule dans mon coin… Ce boulot va me rendre cinglée, si c’est pas déjà fait »
* Eagle égorge la Générale par derrière, tout en lui mettant une main sur la bouche. Sa cabine est faiblement éclairée par une petite lampe à la tête de son lit. La Générale est toujours habillée en militaire et a les yeux exorbités. Chazz : « Bon sang, mon travail et mon mec »
* Chazz : « ce sont vraiment deux univers à des années-lumières. » Dwarfish est allongée dans son lit. Elle tient à la main, près de son visage, une broche dont la pique dépasse d’entre ses doigts. Elle a les yeux ouverts. Sa cabine est plongée dans le noir mais quelques rayons de lune passent par le hublot.
Même cadre, Eagle est dans la cabine de Dwarfish, le poignard à la main, il se penche très près d’elle. Lumière toujours éteinte. Dwarfish a les yeux fermés.
* Dwarfish (vue de dos) s’est jetée sur Eagle. Il se rejette un peu en arrière, surpris. D’une main elle lui plante la pique de broche dans le cou, de l’autre elle écarte la main qui tiens le poignard. Chazz : « Normalement à cette heure-ci, ça devrait saigner de tous les cotés. »
* Dwarfish se recouche et ferme les yeux, le poignard à la main. Par terre, on voit le cadavre d’Eagle. Il y a des traces de sang sur le lit. Chazz : « Et Jimmy veut participer à une manif contre les armes à feu. »
Cadré sur Chazz, air surprise et effrayée. Pensée : « Merde, mais à ce moment-là ça va être l’émeute en ville, il va se faire massacrer ce con ! »
Planche 44
Vue extérieur du bateau, le soleil se lève, tout a l’air paisible.
Chazz et Jimmy sont en train de prendre leur petit déjeuner dans un café, Chazz a l’air mal réveillée. Jimmy lui dit : « C’est la première fois qu’on prend le petit déjeuner ensembles, c’est sympa » Pensée : « Vu sa forme olympique au réveil, je me demande ce qui lui est passé par la tête. »
Cadré sur Chazz qui boit son café, air sombre, pensée : « Je pensais qu’après une bonne nuit de sommeil j’aurais de l’inspiration pour l’empêcher d’aller dans cette putain de manif, mais vu ce que j’ai dormi, c’est pas gagné. »
* Dreck, Dwarfish, Strathcona, Reiya et Lim se rejoignent sur le pont. Strathcona et Reiya sont en train de parler, Lim commence à avancer vers eux, Dreck est debout à l’écart. Dwarfish arrive tout juste (vue de dos) et dit : « Les gars, on a un problème ». Chazz : « Tout devrait bien se passer, mais je ne peux pas m’empêcher de me faire du soucis pour mon contrat »
Chazz a mis sa tête sur sa main, pensée : « Si je lui dit innocemment : "Tu devrais te prendre quelques jours de vacance très loin de Hellcity", forcément, il va se poser des questions »
* Dreck est dans l’embrasure de la porte de la cabine de la générale (vu de l’intérieur cabine), dit par-dessus son épaule : « Elle aussi elle y est passé ! » Chazz : « Pourtant, s’ils meurent tous gentiment comme prévu, Hellcity va être à feu et à sang le temps que de nouveaux chefs étripent les autres prétendants »
Chazz boit son café et regarde Jimmy par en-dessous, Jimmy mange ses œufs-bacons. Chazz pensée : « Tout à fait le genre d’arguments que je ne peux pas lui sortir »
Dans la salle de pilotage du bateau, Dreck, Dwarfish, Strathcona, Reiya et Lim sont regroupés, l’air sombre (sauf Dwarfish qui regarde devant le bateau, l’air d’admirer le paysage). Strathcona dit : « Nous sommes les seuls survivants, il y a forcément un tueur à bord ! » Reiya dit : « C’est totalement impossible, tout a été vérifié par nos hommes les plus sûrs. »
Cadre resserré sur Dwarfish, qui a toujours l’air aussi paisible et dit : « C’est évident, non ? L’assassin est parmi nous. »
Elle se retourne vers les hommes, elle a l’air sérieux mais son regard est enflammé. Elle dit : « L’un d’entre nous a tué Cabide en faisant croire que c’était Midwok, a tué Midwok en faisant croire que c’était Jones, a tué Lo en faisant croire que c’était Eagle, puis cette nuit il a tué tous les autres avant de redevenir un être humain, caché derrière son masque d’honnête malfrat… »
Cadre sur les hommes qui se sont regroupés de l’autre coté du poste de pilotage. Dreck dit : « Vous êtes complètement cinglée » Reiya dit : « Et comment ça se fait qu’on ai retrouvé Eagle dans votre cabine ? Il n’y a rien de logique là-dedans, tout ça n’a aucun sens ! » Lim s’écarte du groupe vers la radio en disant : « En tous cas j’appelle les secours. »
Cadré sur Dwarfish qui est appuyée négligemment sur le mur et sourit en disant : « Bonne idée. Peut-être qu’on ne va pas tous mourir, finalement. Peut-être que l’assassin nous a oubliés.»
Planche 45
Cadre sur Chazz, vue de face, pensée : « Et pendant que je me triture la cervelle, ils sont en train de rentrer au port… enfin les survivants… tant qu’ils décident de rentrer avant de fouiller les chambres, tout va bien se passer. Enfin pour moi. »
Sur le bateau, case longue : dans la cabine de pilotage, Lim (de dos) commence à manœuvrer le bateau en disant : « On rentre. » Dwarfish est toujours appuyée sur la vitre, sur le coté de la cabine, et a un petit sourire rêveur. Reiya a disparu. Dreck et Strathcona sont debout de l’autre coté, Strathcona regarde Dwarfish d’un air méfiant. Dreck dit : « L’un d’entre nous a forcément tué au moins un de ces putains de cadavres ! » Strathcona dit : « De toutes façons… Croyez-vous vraiment que nous serions sur ce bateau si nous n’avions pas tous du sang sur les mains jusqu’au coude ? Vous n’êtes pas entourés d’enfants de cœur et nous sommes tous prêts à vendre chèrement notre peau. »
Cadre sur Jimmy et Chazz en entier. Chazz pensée : « Ouf, trouvé ! » Elle dit : « Tu sais que le gouvernement est en train de faire voter une loi pour obliger les gens à avoir une arme par foyer minimum ? » Jimmy dit : « Quoi ? » Chazz a les jambes croisées et la tête appuyée sur les mains, léger sourire, Jimmy est penché en avant, choqué.
Cadré sur Dreck et Strathcona à hauteur de poitrine, regardent vers Dwarfish d’un air méfiant, Dreck dit : « En tous cas on va s’armer et ne pas se quitter de vue. On verra après qui est responsable de quoi. »
Gros plan visage Dwarfish, sourire amusé, dit : « Au fait, où est Mr Reiya ? »
Dreck, Lim et Strathcona courent dans le couloir, vue de devant, Dreck en tête.
Seule dans la cabine de pilotage, Dwarfish a la tête renversée en arrière et rit.
Chazz et Jimmy installés à leur table, cadre plus serré que la case précédente, Jimmy à gauche s’est redressé et tape sur la table, expression de colère. Chazz a l’air beaucoup plus cool sans aller jusqu’à sourire. Jimmy dit : « C’est vraiment dégueulasse, on ne peut pas les laisser faire ça ! » Chazz dit : « Tu n’as qu’à aller participer au sit-in devant le Parlement, en plus ça te fera voyager un peu »
Reiya est en train de mettre un canot de sauvetage à l’eau (le canot est à moitié entre l’eau et le pont), vu du pont, Dreck arrive droit sur lui, de dos, à moitié coupé par le cadre. Reiya a les yeux levés vers le pont et a l’air d’avoir peur.
Cadré sur Dreck qui regarde par-dessus la lisse du pont (vue du canot), il est à contre jour et a un sourire cruel. Dreck dit : « Les rats quittent le navire, hein ? »
Cadre sur Reiya, vu depuis sa hauteur. Il a l’air crispé et haineux et sort un morceau de bois pointu (le manche brisé de quelque chose) qu’il avait glissé à sa ceinture dans son dos.
Planche 46
(même cadre que case précédente) Reiya attrape le bras de Dreck et le bascule vers lui d’une main, de l’autre il commence à lui enfoncer son pieu dans la poitrine.
(même cadre) Dreck en tombant sur Reiya lui agrippe le cou (de la main que Reiya a tiré vers lui) et l’étrangle à moitié.
Gros plan sur la tête de Reiya, yeux vitreux, le manche brisé planté dans le cou.
Vue du pont, Dreck debout, met la main sur le coté où il a été blessée (large tache de sang), lève la tête, rictus mauvais, dit : « Ce n’est pas moi qui ai tué les autres. »
Lim et Strathcona sont sur le pont et le regardent sans rien dire.
Dans le poste de pilotage, Dwarfish est appuyée contre la vitre qui donne vers l’avant et regarde l’horizon, la tête appuyée sur son avant bras. Elle sourit. Vue de l’extérieur cabine.
Cadre sur Jimmy et Chazz, Jimmy parle d’un air passionné, Chazz lui répond plus calmement, avec un petit sourire en coin. Voix off : « Il est mignon Jimmy, il défend les gens. » Voix off 2 (bas de la case) : « Le pire, c’est qu’il sait que les gens sont d’abominables profiteurs sans foi ni loi. Mais il veut les aider quand même. »
Lim et Strathcona détachent le canot. Vu en plongée. Dessous, Dreck dit : « Déconnez pas, je suis blessé, me laissez pas crever tout seul ! » Quelques lignes dans l’eau montrent que le bateau avance assez vite.
Cadre sur Chazz, vue de devant, rit. Pensée : « Et moi Jimmy, si tu savais, tu me pardonnerai aussi ? »
Dreck se jette sur le bateau, on voit nettement la tache de sang sur le coté. Il arrive à s’accrocher au pont d’une main mais les deux autres le jettent à l’eau.
Vu du pont, une tache sombre dans l’eau.
Strathcona et Lim la regardent, appuyés à la rembarde. Srathcona a l’air hésitant, Lim est impassible et froid. Strathcona dit : « Il… Il le fallait, non ? Je veux dire, c’est sûrement lui qui… » Lim dit : « Aucune importance. Avec tous ces morts, nous allons au-devant d’une guerre sans merci. Personne ne nous demandera notre version des faits. »
Planche 47
Lim et Strathcona sont debout sur le pont, face à face, assez éloignés l’un de l’autre, se scrutent. Strathcona dit : « Je pense que je vais rester dans ma cabine jusqu’à ce qu’on arrive au port. » Lim : « Ce qui veut dire que vous me faites confiance pour nous conduire jusque-là et pour ne pas tuer Heidi Dwarfish. »
Cadre poitrine sur Strathcona, petit sourire méprisant, mais son visage est pâle et cerné, dit : (les mots débordent sur la case suivante) « Personnellement, je me fiche complètement de ce qui pourrait bien arriver à mademoiselle Dwarfish. »
Cadré mains de Lim qui a sorti le couteau de Eagle.
Vu de Strathcona et Lim, face à Lim, Strathcona de dos au premier plan. Lim est impassible et a exactement la même apparence que quand il est monté à bord, il a les bras le long du corps comme s’il était très détendu, mais tiens toujours le couteau. Lim dit : « Je préfèrerai que vous veniez avec moi, Mr. Strathcona. Je n’ai aucune envie qu’il m’arrive un malheureux accident quand je serai occupé à manœuvrer le bateau. »
(en deux cases séparées horizontalement) face à face Strathcona et Lim se regardent.
Vue Strathcona et Lim, Strathcona de face, Lim de dos. Strathcona dit : « Permettez que je prenne une arme dans ma cabine ? » Lim dit : « Je vous en prie »
* premier plan Strathcona qui fouille dans ses affaires dans sa cabine, air surpris. Derrière lui, Lim est debout dans l’encadrement de la porte, une main sur la hanche, l’autre tenant le couteau, impassible. Chazz : « Si Strathcona et Lim font parti des survivants, les photos qu’Erwann a caché devraient régler ça »
Strathcona tient à la main des photos et se jette sur Lim avec une expression de rage. Vu depuis le couloir. Lim se met dans une position de défense.
Ils se battent.
* Gros plan sur l’appareil que la Générale a installé, de profil : en arrière plan on voit Dwarfish qui regarde toujours au loin. Chazz : « si ce sont Dreck, Reiya ou Jones, le petit appareil que la Générale a installé dans la cabine de pilotage s’en chargera. »
Le bateau arrive en vue d’une côte. Vue sur la point du bateau, la terre et la mer, on voit qu’il avance très vite.
* Strathcona et Lim se battent toujours, on voit du sang mais aucun des deux n’a le dessus. Chazz : « Enfin c’est juste au cas où. »
Planche 48
Jimmy et Chazz se lèvent. Chazz lève la tête vers lui et lui sourit gentiment. Pensée : « Et toi Jimmy, est-ce que tu te pardonnerai d’avoir aimé un monstre ? »
Le bateau s’écrase sur le minuscule port et part en morceaux.
Même cadre, Chazz et Jimmy ont un peu plus avancé dans la rue, ils se tiennent la main. Chazz pensée : « A l’heure qu’il est, mon contrat est rempli et je suis officieusement la meilleure tueuse à gage de Hellcity. Une fierté que je ne pourrais jamais partager avec toi. »
Voix off : « Mais je m’en fiche. » Chazz, habillée d’un jean et d’un tee-shirt tout simple, sac à dos noir posé sur la jambe, est sur la banquette arrière de la voiture de ceux qui l’avaient déjà contactée. La femme de la première fois est là aussi, toujours aussi stricte. Chazz a croisé les jambes et mis son bras sur le dossier de la banquette dans une pose très décontractée, elle a un sourire triomphant. L’autre tente de rester impassible mais on voit qu’elle est impressionnée. Elle lui tends une mallette ouverte pleine de billets et dit : « Vous pouvez recompter »
Cadre sur Chazz qui transfert les billets en vrac dans son sac à dos. La femme dit (hors cadre) : « Mon employeur a été très vivement impressionné par vos résultats. A l’heure qu’il est, personne n’a trouvé la moindre trace de vos agissements.» Chazz dit (toujours grand sourire satisfait) : « Vous nous avez donné un contrat, nous l’avons rempli, point final. »
Vu de l’avant de la voiture. Au premier plan, on voit une partie du chauffeur qui sourit. Chazz est penchée vers la femme, son sac à dos plein d’argent ouvert par terre, dit : « Mais je dois avouer que mon équipe a ressenti une certaine satisfaction professionnelle. ». La femme a l’air un peu déstabilisée et dit : « Mon… employeur insiste vivement pour que vous lui disiez comment vous avez fait. Il est prêt à rajouter une prime de 100 000 dollars. »
Gros plan visage Chazz, sourire entendu, dit : « Je ne gâche jamais un bon truc, et surtout pas pour ce genre de pourboire. »
Elle se penche vers le chauffeur, son sac sur le dos, et dit : « J’espère que la nouvelle répartition des pouvoirs est bien en votre faveur, Mr. Quirth. Nous aimerions beaucoup vous avoir à nouveau pour client. Bonne journée. » Le chauffeur lui sourit, un peu sur la défensive, et lui répond : « Vous aussi, mademoiselle Chazz »
Elle sort de la voiture. Pensée : « Evidemment, la nouvelle répartition »
Pensée (hors cadre) : « ne favorise pas tout le monde » case longue vue sur la rue où c’est le chaos, des gangs sont en train de se tirer dessus, il y a des impacts d’explosion sur les murs, deux policiers s’enfuient en laissant un passant terrorisé plaqué contre un mur.
Planche 49
Chazz rentre chez elle (tenue différente), téléphone : « Mais si je suis contente que tu sois rentré Jimmy, c’est juste qu’avec les émeutes qu’il y a en ce moment un peu partout, tu était plus en sécurité là-bas, c’est tout. »
Dans son salon, de face, cadré buste, elle se passe une main dans les cheveux, air furieux, regarde un coin en bas à gauche de l’image. Dit : « Ok, viens chez moi ce soir si c’est comme ça, je pourrai t’engueulerai en face… Non moi je ne sors pas d’ici tant que ce n’est pas calmé et si tu avais deux sous de bon sens tu en ferai autant. Fait très attention à toi. D’accord. Je t’embrasse. A tout à l’heure.» Pensée : « Crétin idéaliste suicidaire. »
Vue du salon, Chazz se retourne et jette son téléphone sur le canapé. Pensée : « Et maintenant en prime il faut que je me change. »
Cadré torse, Chazz est arrêtée net. Premier plan, un bras dans l’ombre qui tient un revolver. Voix (hors cadre) : « Stop. »
Chazz recule, l’homme avance en la menaçant toujours de son arme. Chazz pensée : « Et merde » L’homme est habillé en jean et pull noir sous un long manteau noir à la Matrix, il porte des lunettes noires et un autre revolver dans un étui sous l’aisselle. Il dit : « Tu vas avancer gentiment et lever tes petites mains en l’air, ok ? » Voix off (bas droite image) : « Ça devait arriver un jour je suppose ». A coté de lui, un autre homme immense et corpulent, habillé d’un costard, tien une batte de base-ball.
Chazz au premier plan, elle a fait demi-tour, on ne voit que sa tête. Elle n’a pas levé les mains. Expression concentrée. L’homme au second plan a l’air calme, professionnel. Voix off : « Ce sont des hommes de Don Leoni, le type que j’ai tué le jour où j’ai rencontré Jimmy… ils ont dû profiter de la panique dehors pour retourner mes informateurs contre moi. Quoique je fasse ils vont me tuer. »
Voix off : « Et tant qu’à mourir... » Cadré sur Chazz qui se jette sur le coté. L’homme en noir tire (bruit revolver avec silencieux), impact de balle dans le mur, un écran posé sur une table explose.
Chazz s’appuie du pied sur le sol et saute sur l’homme en noir qui tire encore, juste au-dessus d’elle.
Elle le plaque à la taille.
Cadre haut Chazz et l’homme en noir couchés par terre, on voit derrière eux les jambes de l’homme en costard. Chazz a planté son coude dans la gorge de l’homme et tend l’autre main vers le revolver. L’homme lui attrape la gorge et commence à pointer le revolver vers elle. Voix off : « je ne vais pas lui faciliter la vie non plus ! »
Même cadre. La batte de base-ball s’abat vers la tête de Chazz qui l’esquive (coté arme) et atteint le bras de l’homme en noir qui tenait le revolver. L’homme lâche le revolver en criant.
Planche 50
Cadre large. L’homme en noir envoie son poing sur Chazz qui est trop loin de lui. Elle a récupéré le flingue. L’homme en costard arme sa batte pour un nouveau coup, cette fois horizontal.
L’homme en noir tend sa main valide vers son deuxième revolver. Chazz est au-dessus de lui et lui tire dans la tête tout en se jetant sur le coté. La batte l’atteint à l’épaule.
Cadre Chazz qui se redresse en changeant l’arme de main. Regarde droit devant elle et dit : « T’es foutu. Pose ton cure-dent »
L’homme l’attaque. Elle recule tout en lui tirant deux balles dans la poitrine.
Chazz passe sous la batte et lui attrape le bras par la manche (elle a lâché le revolver).
Elle le met à terre. Il a commencé à saigner par les deux trous de sa poitrine et elle est pleine de sang aussi.
Cadré sur l’homme qui se relève en ricanant. Silhouette de Chazz au premier plan, position défensive. Chazz pensée : « Il est trop fort, il va mettre des heures à crever. »
Chazz lui lance un gros livre à la figure tout en prenant un objet dans son autre main.
L’homme écarte le livre d’une main. Il est presque debout.
Même cadre, il a la main encore écarté, la batte qui prépare un coup dans l’autre main, une expression surprise et le talon aiguille d’une chaussure planté dans la gorge.
Il tente de frapper Chazz qui s’est déjà reculée et cherche à récupérer le revolver.
Planche 51
L’homme en costard (veste couverte de sang) continue sur sa lancée au ralenti. Il a mis sa main sur sa gorge. Chazz de dos premier plan à demi découpée par l’image.
Même cadre, il est un peu plus écroulé. Chazz tient le revolver.
Même cadre. Il est à terre. Chazz s’approche.
Vue du haut, elle lui tire deux balles dans la tête. Pensée : « C’est dingue comme c’est résistant ces bestioles-là »
Vu de coté, Chazz penchée sur le corps vérifie son pouls et redresse la tête, expression surprise. Bruit : Ding !
Même cadre, elle se redresse et pense : « Oh putain, Jimmy est déjà là ! Il a dû m’appeler du bas de l’immeuble ce con ! »
Elle attrape l’homme en costard et le hisse à moitié sur son épaule.
Elle le traîne jusqu’à la pièce qui lui sert de labo. Bruit : Diiiiiiiiiiiiiiiiing ! Pensée : « Je sais, je sais, j’arrive ! »
Elle replie les jambes de cadavre pour arriver à fermer la porte.
Elle attrape l’autre cadavre par les aisselles.
Elle le traîne jusqu’à un placard à balais (presque vide). Bruit : Ding !
Vue en plongée Jimmy en train d’attendre devant la porte. Il a la main posée sur la sonnette.
Planche 52
Elle claque la porte du placard et tiens une serpillière à la main.
Elle jette la serpillère et une de ses vestes par terre et enlève un peu de sang.
Elle se lève.
Elle ouvre à Jimmy. Cadré buste, Chazz de dos premier plan, Jimmy de face. Jimmy yeux écarquillé la regarde et dit : « Bon sang, qu’est-ce qui t’es arrivé ? »
Vu dos Jimmy, cadré plus large, elle le laisse passer (petit sourire, elle a des gouttes de sang sur le visage et les cheveux et de larges taches de sang sur la poitrine) et dit : « Bonjour quand même. » Jimmy (vu de dos) reste figé sur place, bras prêts à enlacer Chazz, dit : « Tu es blessée ? »
Vu de l’intérieur de l’appartement, Chazz entre et Jimmy la suit en la regardant, yeux toujours écarquillés. Chazz dit : « Non, t’inquiète, mais il m’est arrivé un sale truc en venant ici, c’est pour ça aussi que je voulais plus sortir… » Jimmy : « Tu t’es retrouvée dans une fusillade ? Pourquoi tu m’as rien dit ? »
Case longue, Chazz et Jimmy à gauche salon, Jimmy découvre le salon en désordre et plein de sang, on voit qu’il est surpris. Chazz dit : « Un truc crétin, un camion de boucher qui roulait comme un dingue, il avait peut-être peur de se faire braquer ses trois côtelettes, en tout cas il s’est renversé, je me suis prise un paquet de viande et du sang dessus… C’est vraiment trop dégueulasse. En plus je suis sûre qu’il m’a fait un bleu. » Jimmy : « Et le salon ? »
Cadre Chazz et Jimmy, Chazz fait un geste fataliste du bras en désignant le massacre et dit : « Comme une idiote j’ai jeté ma veste pleine de sang et j’en ai mis partout. J’ai essayé d’éponger mais c’est encore pire. » Jimmy : « Je vois ça. »
Cadre haut du corps, Chazz de face, se passe une main dans les cheveux en regardant le salon d’un air déçu mais résigné, dit : « En plus ça pue… Je crois que c’est du sang du porc, un truc comme ça… »
Vu depuis le salon, Chazz part sur la droite et dit : « Je vais prendre une douche, je crois que c’est le plus urgent » Jimmy a les mains sur les hanches, regarde le salon d’un air dégoutté et dit : « Je crois que t’as raison »
Planche 53
Chazz entre dans la douche (de dos, cadré buste, cheveux lâchés plein de sang). Pensée : « Bon, il a l’air de marcher… »
Cadré sur ses jambes, l’eau rougie coule. Pensée (hors cadre) : « mais il faut que je fasse gaffe quand même. »
Cadré tête, elle est en train de se frotter les cheveux. Jimmy (hors cadre) dit : « Je vais commencer à nettoyer tout ça en t’attendant, ok ? » Chazz dit : « Merci ! »
Même cadre, elle bloque, main posé sur le mur. A coté d’elle, image du cadavre dans le placard écrasant quelques produits ménagers. Pensée : « Merde, le corps ! »
Jimmy vu de dos est en train d’aller vers la porte du placard.
Chazz sous la douche, cadré haut du corps, bras croisés sur la poitrine, s’appuie contre mur, air légèrement inquiet, l’appelle : « Jimmy ! Tu ne préfères pas me rejoindre ? »
Jimmy arrêté devant porte du placard tourne la tête vers la droite, dit : « Quoi ? A la salle de bain ? »
Chazz, même cadre, air énervé, dit : « Sous la douche. » Pensée : « Allez rapplique, tu gagnes un câlin avec la femme de tes rêves et tu évites la balle dans la tête, viens, soit pas assez con pour jouer les gentlemen blasés… »
Jimmy, un peu rouge, va vers salle de bain, dit : « Je… Oui, si t’es sûre, je veux… »
Cadre buste Chazz, tête renversée en arrière, expression soulagée. Pensée : « Encore gagné. »
Vue en plongée, Chazz et Jimmy endormis dans le lit de Chazz, pièce dans le noir.
Vue en face de Chazz, elle a les yeux fermés, derrière elle un réveil lumineux indique 4H59
Même cadre. Chazz a les yeux ouverts, le réveil indique 5H00
Planche 54
Cadre tout le lit, Chazz se redresse, penchée au-dessus de Jimmy. Pensée : « Il dort assez profondément. »
Elle descend du lit et commence à s’habiller, toujours dans le noir.
Elle ouvre la porte du mini-labo et rattrape les jambes du type en costard avant qu’elles ne touchent le sol. La lumière vient du couloir, derrière elle. Elle est habillée en pantalon et pull gris-marron assez dégueu.
Elle entre dans la pièce, vu depuis le coté, elle passe une sangle sous le corps (qui est couché sur le dos). Pensée : « Vive l’adrénaline, c’est dingue que j’ai réussi à le porter jusqu’ici avec mes petits bras ! »
Cadre plus large, le corps est attaché et les sangles se rejoignent dans une boîte métallique au-dessus de lui qui tient sur deux perches appuyées au sol par des roulettes. Le corps est légèrement soulevé. Chazz est penchée et tiens une perche dans chaque main.
Dans le couloir, elle couvre le corps avec un sac plastique noir (lumière faible, corps et Chazz à moitié hors image).
Elle regarde sur son ordinateur (vue par-dessus son épaule), images de l’ascenseur, des couloirs et du garage, déserts.
Elle fait avancer le corps dans l’ascenseur. Voix off : « Je déteste avoir des cadavres à la maison. »
L’ascenseur reste ouvert, Chazz retourne dans son appartement. Voix off : « Evidemment je contrôle tout le système de sécurité de l’immeuble et je me débarrasse des corps dans une autre cave que la mienne. »
Même cadre, elle passe dans l’autre sens en portant le deuxième corps emballé dans un sac plastique. Voix off : « Mais quand même, ça me fait prendre des risques. »
Vue en contre-plongée, Chazz debout dans l’ascenseur s’essuie le front, à ses pieds les deux corps emballés, une boîte à outil et un gros bidon. Voix off : « Surtout en ce moment où on ne sait plus qui bosse pour qui et donc qui payer ou menacer pour son silence. »
Planche 55
Les portes de l’ascenseur s’ouvrent, vu de derrière Chazz. Pensée : « Au moins, personne ne se demandera où sont passé ces deux-là. »
Elle amène le bidon et la boîte à outil dans une cave où les deux corps sont déjà installés. Il y a aussi un vélo d’appartement, deux caisses dont une où des jouets dépassent, une paire de ski et une table posée contre le mur. Au centre de la pièce il y a une bouche d’égout. Pensée : « En plus il faut que je me dépêche, des fois que Jimmy se réveille tôt »
Cadre resserré sur Chazz. Assise, elle sort des plaques métalliques souples de la boîte à outils et commence à les assembler. Pensée : « Je crois que si jamais il savait… si par malheur il se doutait de quelque chose… »
Gros plan visage de Chazz. Elle a une expression grave et en colère. Pensée : « Lui, je n’arriverai pas à le tuer. »
Cadre large cave. Elle a formé un bac avec les plaques et l’a posé à coté de la plaque d’égout (grand comme une baignoire mais moins haut), elle commence à remplir avec le contenu du bidon, c’est mauve et ça fume. Elle porte un masque sur le nez et la bouche. Pensée : « Mais je ne commettrai jamais la moindre erreur, et tout se passera bien. »
Elle plonge le plus petit corps dans le bain. La fumée se fait plus épaisse. Pensée : « Maintenant que j’ai réussi le contrat de mes rêves, il faut bien que je corse un peu la difficulté si je veux continuer à m’amuser ! »
Avec une pelle trouée comme une écumoire, elle sort du bain des ossements rongés qu’elle jette dans la bouche d’égout (plaque déjà enlevée). Pensée : « Jouer à la vie ou la mort, c’est tellement plus intéressant que quitte ou double.»
Elle verse l’acide mauve dans les égouts.
Elle démonte le bain et la pelle.
Elle quitte la cave (vue de dos à contre-jour)
Jimmy et Chazz dans le lit de Chazz. Le réveil derrière eux indique 12H30. Jimmy se redresse sur un coude et dit : « Tu es allée où cette nuit ? » Chazz se frotte les yeux, embrumée, dit : « De quoi ? »
Planche 56
Même cadre, Jimmy se lève, Chazz se remet le visage sur l’oreiller. Jimmy dit : « Je me demandai juste… »
Jimmy debout devant la porte, souriant, se retourne vers Chazz et dit : « C’est encore un de tes mystères de princesse classe ? »
Cadre buste Chazz, yeux fermés, sourire moqueur, dit : « Je t’ai acheté un cadeau. Il est sur la table de la cuisine. »
Jimmy s’avance dans le couloir et dit : « En pleine nuit ? » Chazz (hors cadre) dit : « C’était le matin ! »
Vue de la cuisine, Jimmy encore dans l’entrée rigole. Sur la table, deux cafés dans des gobelets en carton et des gâteaux.
Jimmy crie par-dessus son épaule : « Je les fait chauffer et je t’emmène ça au lit ! »
Il amène le tout au lit et se penche embrasser Chazz. Voix off : « Penser à tout »
Il s’assoit à coté d’elle et dit : « Faudra s’occuper d’enlever le sang quand même. » Chazz dit : « Je vais appeler un service de nettoyage » Voix off : « c’est difficile »
Jimmy dit : « T’es vraiment une gosse de riche. » Chazz dit : « Hé, je t’avais prévenu ! » Case longue : à gauche le lit, milieu reste de la chambre, droite fenêtre ouverte sur un ciel ensoleillé. Voix off (haut à droite) : « mais c’est mon métier et je suis la meilleure dans mon métier. J’y arriverai. »